Depuis le 7 février 2026, un climat de doute et d’incompréhension s’installe au sein de la population haïtienne. Sur le terrain, de nombreux observateurs notent un ralentissement, voire un arrêt quasi total, des opérations policières qui étaient jusque-là menées contre les groupes armés. Cette situation survient dans un contexte sécuritaire déjà fragile, marqué par l’insécurité persistante et le contrôle de plusieurs zones stratégiques par des bandits lourdement armés.
Avant cette date charnière, la Police nationale d’Haïti multipliait les interventions dans certains quartiers sensibles et sur des axes routiers clés. Même si ces opérations ne permettaient pas toujours de reprendre durablement le contrôle du territoire, elles donnaient néanmoins le sentiment d’une présence de l’État et d’une volonté de contenir l’expansion des groupes criminels. Aujourd’hui, ce signal semble s’être affaibli.
L’arrivée de Didier Fils-Aimé à la tête de l’exécutif, le 7 février 2026, coïncide avec cette suspension des actions policières offensives. Aucune communication officielle claire n’a, jusqu’à présent, permis d’expliquer les raisons exactes de cet arrêt. Cette absence de transparence nourrit les rumeurs et renforce le sentiment d’abandon ressenti par une large frange de la population.
Pendant ce temps, les routes nationales restent en grande partie impraticables.
Des tronçons essentiels sont toujours bloqués par des bandits, paralysant les échanges économiques, limitant la circulation des personnes et aggravant la crise humanitaire dans plusieurs régions du pays. Pour beaucoup de citoyens, l’inaction apparente des forces de l’ordre équivaut à un recul face aux groupes armés.
Face à cette situation, la population s’interroge sur l’orientation réelle de la nouvelle stratégie sécuritaire. L’arrêt des opérations policières, sans explication ni alternative visible, augmente la méfiance et le doute quant à la capacité de l’État à garantir la sécurité.
De plus en plus de voix appellent les autorités à clarifier leur position et à reprendre des actions concrètes afin de restaurer la confiance et l’espoir d’un retour progressif à l’ordre.
LM