L’Association Haïtienne des Médias en Ligne (AHML), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (PBF) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a organisé à Pétion-Ville une série d’ateliers dans le cadre du projet Espace Civique, autour des défis et transformations du paysage médiatique haïtien.
Cette initiative de trois jours réunit des responsables de médias, journalistes, communicateurs et acteurs de la société civile autour d’une réflexion sur l’avenir de la profession journalistique à l’ère du numérique et sur la nécessité de mettre en place une charte de bonnes pratiques destinée aux professionnels des médias.
Lors des échanges, l’animateur de l’atelier, Antoine Chéryme, a souligné que le monde médiatique connaît aujourd’hui de profondes transformations qui exigent une adaptation urgente des pratiques journalistiques. Selon lui, l’évolution rapide des médias et des plateformes numériques impose la mise en place de nouvelles normes capables d’encadrer le travail des journalistes et de renforcer leur responsabilité sociale.
L’intervenant a notamment dénoncé la montée de la violence dans certains espaces médiatiques, les dérives liées au manque de vérification de l’information, ainsi que certains comportements jugés contraires à l’éthique professionnelle, notamment les cas de harcèlement sexuel et certaines formes de discrimination envers les personnes vivant avec un handicap.
Antoine Chéryme a également attiré l’attention sur le climat d’insécurité qui affecte le secteur des médias en Haïti, rappelant que plusieurs journalistes évoluent dans des conditions difficiles et parfois dangereuses. Selon lui, cette démarche vise justement à permettre aux acteurs du secteur de participer eux-mêmes à l’élaboration des règles encadrant leur profession, plutôt que de laisser uniquement les autorités étatiques décider de l’avenir du paysage médiatique national.
Les participants travaillent ainsi sur une cartographie des médias en Haïti ainsi que sur l’identification des principales lacunes juridiques et institutionnelles du secteur. Les discussions portent également sur les opportunités pouvant contribuer au renforcement du professionnalisme, de l’éthique et de la protection des journalistes.
Au cours de son intervention, l’animateur a aussi évoqué les perspectives liées au projet jusqu’en décembre 2025, période au cours de laquelle plusieurs actions et consultations devraient être menées afin d’aboutir à des propositions concrètes pour une meilleure régulation et une pratique médiatique plus responsable en Haïti.
À travers cette initiative, l’AHML et ses partenaires entendent favoriser un espace médiatique plus structuré, plus inclusif et davantage respectueux des droits humains et des principes démocratiques.
Lalanne