Face aux débats entourant l’application du décret électoral et l’éventuelle obligation de démission pour les awutorités municipales candidates, Cliff Coulanges, au nom de la structure « Chwazi Ayiti », a tenu à réagir fermement.
En tant que résident et citoyen engagé, il lance un appel à la maîtrise et met en garde contre les conséquences sécuritaires et administratives d’un départ précipité de Wilson Jeudy à la tête de la commune de Delmas.
Un calendrier électoral encore flou
Pour Cliff Coulanges, la véritable anomalie ne réside pas dans le principe légal d’une démission, mais dans le contexte et le flou qui l’entourent. Le décret électoral exigerait le départ des agents exécutifs intérimaires souhaitant concourir, alors même qu’aucune date officielle n’a encore été arrêtée pour la tenue des joutes électorales. Entre les hypothèses d’un scrutin en décembre 2026, avril 2027 ou à l’automne 2027, le calendrier demeure totalement incertain.
Dans ce climat d’imprévisibilité, exiger le départ immédiat d’un dirigeant sans échéance électorale claire relève, selon lui, d’une incohérence flagrante. Citant à ce propos Saint Augustin — « À une loi injuste, on n’est pas obligé de tenir » —, l’intervenant souligne qu’une règle devient déraisonnable lorsqu’elle force une autorité à quitter ses fonctions sans visibilité sur l’organisation réelle du scrutin.
Delmas : une oasis sous pression constante
Soulignant la réalité du terrain, Cliff Coulanges rappelle le rôle singulier que joue Delmas dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Alors que de nombreuses municipalités voisines tournent au ralenti, subissent des couvre-feux imposés ou échappent au contrôle de l’État, Delmas figure parmi les rares zones où l’activité économique et la libre circulation — notamment entre Delmas 31, Delmas 45 et Delmas 75 — demeurent fonctionnelles.
Maintenir un tel niveau de fonctionnement et de relative stabilité exige une veille permanente, des sacrifices continus et une logistique lourde déployée jour et nuit par l’administration communale.
Plus qu’une commune, Delmas est devenue un espace de refuge vital pour des centaines de milliers d’habitants et de déplacés fuyant la terreur des gangs armés.
Le risque d’un vide politique et sécuritaire
L’inquiétude majeure soulevée par l’intervenant réside dans la transition du pouvoir municipal. Un départ abrupt de Wilson Jeudy risquerait de livrer la commune à l’arbitraire de nominations politiques dictées par le népotisme ou, pire encore, d’ouvrir la porte à une infiltration des bandes armées à la tête de la mairie.
« Est-ce que nous imaginons ce qui se passerait si la personne désignée pour remplacer Wilson Jeudy était téléguidée par ces mêmes bandes armées ? », s’interroge Cliff Coulanges.
Un compromis pragmatique pour la stabilité
Refusant toute réaction impulsive, « Chwazi Ayiti » préconise une approche en plusieurs étapes : un calendrier clair du CEP : Le Conseil Électoral Provisoire doit d’abord réviser ses plans et communiquer des dates précises et réalistes pour le calendrier électoral.
Une transition ordonnée : Une fois le calendrier établi, l’agent exécutif intérimaire pourra alors se conformer sereinement aux exigences du décret.
Une concertation sur l’intérim : Wilson Jeudy, déjà inscrit comme candidat à la présidence, devrait pouvoir participer aux réflexions sur le profil de la personnalité la plus compétente pour assurer la gestion transitoire de la commune, évitant ainsi un effondrement de l’appareil municipal.
Face aux enjeux sécuritaires actuels, la préservation de la sécurité et des acquis de la commune de Delmas doit impérativement primer sur les précipitations administratives.