Invité ce mardi à l’émission Le Point sur Radio Télé Métropole, le conseiller-président Smith Augustin a livré une intervention très attendue sur l’avenir politique d’Haïti après l’échéance sensible du 7 février 2026. Au cœur de son propos : la nécessité de parvenir à un « accord minimal », capable d’assurer la continuité institutionnelle sans perturber le processus électoral en cours ni compromettre le déploiement effectif de la Force de Répression des Gangs (GSF), annoncé pour avril prochain.
Pour Smith Augustin, l’enjeu principal n’est pas de rouvrir un vaste débat politique ou de renégocier l’ensemble des équilibres du pouvoir, mais plutôt de garantir un consensus pragmatique autour de quelques points essentiels. Cet accord minimal, selon lui, doit permettre d’éviter une nouvelle crise politique tout en préservant le calendrier électoral, présenté comme une étape incontournable vers le retour à l’ordre constitutionnel.
L’un des points forts de son intervention réside dans l’articulation qu’il établit entre sécurité et politique. Le conseiller-président a insisté sur le fait que la tenue d’élections crédibles reste étroitement liée à l’amélioration de la situation sécuritaire. À ce titre, il a rappelé l’importance stratégique du déploiement réel de la GSF, perçue comme un levier décisif dans la lutte contre les gangs armés qui paralysent plusieurs régions du pays.
Smith Augustin a également mis en avant une posture de responsabilité et d’ouverture au dialogue. Sans nier les divergences existantes entre les acteurs politiques et sociaux, il a plaidé pour un dépassement des intérêts partisans au profit de la stabilité nationale. Selon lui, l’après 7 février 2026 ne doit pas être synonyme de vide institutionnel ou de rupture brutale, mais plutôt d’une transition maîtrisée, fondée sur des engagements clairs et limités.
Enfin, l’intervention de Smith Augustin à Le Point se veut un message rassurant, tant à l’opinion publique qu’aux partenaires internationaux. En défendant l’idée d’un accord minimal, il cherche à démontrer qu’une sortie de crise est encore possible sans sacrifier ni la légitimité électorale ni les efforts sécuritaires en cours. Un pari politique délicat, mais qu’il estime indispensable pour éviter à Haïti une nouvelle période d’instabilité prolongée.
LM