Ce 27 janvier 2026, un an après le massacre perpétré par des gangs armés affiliés au groupe Viv Ansanm dans la commune de Kenscoff, la population, les organisations de la société civile et les autorités locales ont marqué cette date par une série d’activités commémoratives visant à honorer la mémoire des victimes et à réaffirmer les exigences de justice, de réparation et de sécurité durable.
Initiées par des organisations de la société civile en coordination avec les autorités communales, ces activités ont rassemblé des citoyens issus de divers milieux sociaux autour d’un même objectif , refuser de l’oubli et rappeler la gravité des crimes commis. Elles se sont déroulées à travers une marche pacifique dans plusieurs artères de la commune, avant de s’achever par une messe de commémoration célébrée à l’église Saint-Nicolas.
La cérémonie religieuse a été présidée par le père Emmanuel, curé de la paroisse Saint-Nicolas, assisté du père Jean Rilus, curé de la paroisse Saint-Paul de Furcy. Dans leurs homélies, les deux religieux ont rendu hommage aux victimes, exprimé leur solidarité envers les familles endeuillées et lancé un appel à la paix, à la justice et à la réconciliation nationale, dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité.
Lors de la marche, les participants ont exigé que toute la lumière soit faite sur les actes de violence commis et que des mesures concrètes de réparation soient accordées aux familles des victimes. Des représentants du monde paysan et des zones rurales ont, pour leur part, attiré l’attention des autorités sur la vulnérabilité persistante des sections communales, rappelant que la crise sécuritaire touche l’ensemble du territoire de Kenscoff, bien au-delà de son centre urbain.
Prenant la parole à l’occasion des activités, le maire de Kenscoff, Masillon Jean, a indiqué avoir engagé des discussions avec les responsables des forces de l’ordre afin de renforcer les dispositifs sécuritaires, notamment dans les zones les plus reculées de la commune. Il a souligné que la libération totale de Kenscoff demeure une priorité pour l’administration municipale.
Le maire a également annoncé l’adoption d’un arrêté communal décrétant le 27 janvier jour férié sur l’ensemble du territoire communal. Cette mesure symbolique vise à préserver la mémoire collective des événements tragiques liés à l’invasion armée du groupe Viv Ansanm et au massacre de nombreux citoyens.
De leur côté, les organisations de la société civile et les habitants ont exhorté les responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH) à maintenir une pression sécuritaire constante dans les zones difficiles d’accès, afin de permettre le retour des milliers de personnes déplacées. Un an après les faits, de nombreuses familles demeurent toujours dans l’impossibilité de regagner leurs domiciles, une situation jugée alarmante et révélatrice de la profondeur de la crise sécuritaire qui affecte la région.
Vanessa la journaliste