Le professeur Jean Henold Buteau a vivement critiqué la gestion du pouvoir politique en Haïti depuis 2010, estimant que le pays demeure sous l’influence d’une oligarchie et d’une classe privilégiée qui contrôleraient les principaux leviers de l’État au détriment d’une véritable transition démocratique.
Selon lui, la crise actuelle s’explique avant tout par une question de rapport de force. Il affirme que depuis les élections controversées de 2010, des secteurs économiques influents auraient consolidé leur emprise sur le pouvoir à la faveur de ce qu’il qualifie de « coup de force électoral » . Ces groupes, soutient-il, occupent le pouvoir depuis lors et veillent à préserver leur contrôle, notamment sur le processus électoral.
Le professeur estime que la mise en place du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) représentait un léger déplacement dans l’équilibre des forces politiques, une situation que ces secteurs n’auraient pas du tout acceptée , car elle risquait de limiter leur capacité à orienter les élections. À ses yeux, la dissolution du CPT ne serait donc pas motivée par des faits de corruption, mais par la volonté de rétablir un contrôle total du pouvoir, tel qu’il existait auparavant.
Évoquant le rôle de l’ancien Premier ministre Ariel Henry, Jean Henold Buteau le décrit comme une étape dans cette dynamique. Il affirme qu’Ariel Henry aurait été écarté lorsqu’il n’était plus politiquement viable, afin de mettre en place une formule présentée comme plus démocratique, mais composée, selon lui, de personnalités proches des mêmes secteurs privilégiés.
Dr. Buteau reconnaît toutefois des faiblesses internes au sein du CPT. Il déplore que certains membres aient privilégié des intérêts personnels au détriment de la mission collective, tandis que d’autres n’auraient pas été à la hauteur des enjeux politiques du moment. Cette situation aurait, selon lui, fragilisé l’institution et facilité sa mise à l’écart.
Pour Jean Henold Buteau, la priorité demeure la construction d’un véritable cadre institutionnel capable de garantir la démocratie, la stabilité et le progrès économique. Il insiste sur la nécessité de dépasser les luttes de pouvoir pour permettre au pays d’avancer. « Nous avons besoin de démocratie, d’un cadre institutionnel solide et surtout de progrès économique » , a-t-il conclu.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques, alors que le pays cherche encore une voie consensuelle vers la stabilité et l’organisation d’élections crédibles.
Vénus Noire.