Le climat politique s’est encore tendu après la publication d’une lettre ouverte adressée aux membres du gouvernement par les signataires du Pacte de la Souveraineté et de la Dignité nationale (PSDN). Dans ce document au ton solennel et sans détour, les signataires interpellent directement les ministres et les appellent à assumer leurs responsabilités face à la crise actuelle.
Dès les premières lignes, la lettre adopte un registre grave : « La Nation vous regarde. L’Histoire vous observe. » Les auteurs dénoncent le silence et les calculs politiques qu’ils jugent dangereux dans une période marquée par l’instabilité institutionnelle et la méfiance populaire. Selon eux, le pays ne peut plus se permettre l’ambiguïté ni l’inaction.
Au cœur de leur appel, figure la situation entourant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Les signataires demandent au gouvernement de confirmer sans ambiguïté sa révocation et d’engager, si nécessaire, des actions judiciaires, estimant que la clarté est indispensable pour restaurer la confiance dans les institutions. Pour eux, maintenir une situation floue fragilise davantage l’État et expose le pays à de nouvelles dérives.
Dans leur argumentaire, ils invoquent la mémoire des ancêtres et les sacrifices fondateurs de la nation haïtienne, rappelant que les dirigeants ont prêté serment pour défendre l’intérêt général. « L’Histoire ne retient pas les excuses, elle retient les décisions », écrivent-ils, appelant chaque ministre à mesurer la portée de ses choix.
La lettre insiste aussi sur l’urgence d’une solution politique crédible, inclusive et stabilisatrice. Les signataires préviennent que l’inaction pourrait rendre les responsables actuels comptables de nouvelles crises institutionnelles et sociales.
Au-delà des revendications, ce texte traduit surtout le malaise profond qui traverse la société haïtienne. Entre lassitude populaire et incertitudes politiques, la voix du PSDN rejoint celles d’autres acteurs qui réclament transparence, courage et responsabilité de la part des autorités.
Reste à savoir si cet appel trouvera un écho au sein du gouvernement ou s’il rejoindra la longue liste des avertissements ignorés dans l’histoire récente du pays.
Christnoude BEAUPLAN