Une vive controverse entoure le contrat signé entre l’État haïtien et des entreprises associées à Erik Prince. Selon une enquête publiée par AyiboPost, les autorités auraient engagé des firmes liées à l’ancien patron de Blackwater, notamment Evergreen Trading System Limited, dans un contexte marqué par l’aggravation de l’insécurité en Haïti. Cette révélation soulève de nombreuses interrogations sur la nature exacte des accords conclus et sur les implications pour la souveraineté nationale.
D’après les informations rendues publiques, ces contrats auraient été négociés dans une relative discrétion, alors que le pays traverse une crise sécuritaire sans précédent. L’État haïtien chercherait à renforcer ses capacités opérationnelles face à la montée en puissance des groupes armés. Toutefois, peu de détails officiels ont été fournis concernant le mandat précis confié à ces sociétés, la durée des engagements, ainsi que le coût réel pour le Trésor public.
Le nom d’Erik Prince ravive également des souvenirs controversés à l’international. Fondateur de Blackwater, entreprise de sécurité privée active notamment en Irak dans les années 2000, Prince demeure une figure clivante dans le domaine militaire et sécuritaire. L’implication d’entités qui lui sont associées en Haïti suscite donc des inquiétudes, tant sur le plan des droits humains que sur celui du contrôle démocratique des opérations.
Par ailleurs, des questions juridiques se posent : le Parlement a-t-il été informé ou consulté ? Les procédures de passation de marchés publics ont-elles été respectées ? Dans un pays où la méfiance envers les institutions est déjà forte, l’absence de communication officielle détaillée alimente les spéculations et les critiques au sein de l’opinion publique et de la société civile.
Face à ces zones d’ombre, plusieurs voix réclament davantage de transparence. Des organisations de défense des droits humains et des acteurs politiques appellent à la publication intégrale des contrats et à un débat national sur le recours à des sociétés militaires privées. Alors que l’État affirme agir dans l’intérêt de la sécurité publique, une partie de la population s’interroge : à quel prix, et sous quel contrôle ?
LM