Plusieurs semaines après l’incendie qui a ravagé le Marché Cluny, au Cap-Haïtien, la colère ne faiblit pas. Ce mercredi 4 mars 2026, des dizaines de marchands ont envahi les rues de la cité christophienne pour exiger des autorités des mesures concrètes. Pancartes à la main, voix tremblantes mais déterminées, ils ont réclamé à la fois un dédommagement pour les pertes subies et la reconstruction rapide de cet espace vital pour leurs activités commerciales.
Sur les lieux, l’atmosphère était chargée d’émotion. Hommes et femmes, dont certains affirment avoir tout perdu dans les flammes, ont dénoncé l’absence d’accompagnement réel depuis la catastrophe.
Beaucoup expliquent qu’ils peinent à nourrir leur famille et à relancer leurs activités, faute d’un espace approprié pour écouler leurs marchandises. Le Marché Cluny, pilier de l’économie informelle locale, constituait pour eux la principale source de revenus.
La manifestation a également été marquée par des scènes de transe et de ferveur mystique.
Selon plusieurs témoins, des « loas » auraient possédé certains protestataires au plus fort du rassemblement. Cris, chants et gestes rituels ont ponctué la marche, donnant à la mobilisation une dimension spirituelle singulière. Pour certains participants, cette manifestation traduisait non seulement une revendication sociale, mais aussi un appel symbolique à la justice et à la protection divine.
Face à cette pression grandissante, les autorités locales sont attendues au tournant. Les manifestants affirment qu’ils poursuivront la mobilisation jusqu’à l’obtention de réponses claires concernant l’indemnisation et la reconstruction du marché. En attendant, les décombres du Marché Cluny demeurent le symbole d’une économie fragile, suspendue aux décisions des pouvoirs publics et à l’espoir d’un renouveau pour les commerçants du Cap-Haïtien.
LM