Une nouvelle polémique vient s’ajouter au climat politique déjà tendu en Haïti. Le Mouvement Populaire Olé La Jeunesse (MPOJ) a officiellement adressé une correspondance au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, exprimant son désaccord face à la nomination de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, au sein du nouveau cabinet gouvernemental.
Dans cette lettre datée du 5 mars 2026 et enregistrée à la Primature de la République d’Haïti, le mouvement indique avoir pris acte de la présentation officielle du nouveau cabinet ministériel faite à la nation le 3 mars dernier. Toutefois, il affirme maintenir une position ferme contre ce qu’il qualifie d’irrégularité dans la composition du gouvernement.
Selon les responsables du MPOJ, la nomination de la ministre des Affaires étrangères serait contraire aux dispositions de l’article 172.1 de la Constitution haïtienne. Le mouvement soutient que Raina Forbin détiendrait la citoyenneté américaine, ce qui constituerait, selon eux, une violation des exigences constitutionnelles relatives aux fonctions ministérielles.
Dans sa correspondance, l’organisation affirme disposer d’éléments indiquant que la ministre aurait été enregistrée pour voter lors des élections présidentielles américaines de 2008 dans l’État de Floride. Pour le mouvement, cette information soulève des interrogations sérieuses sur la conformité de sa nomination avec la législation nationale.
Face à cette situation, le MPOJ demande au chef du gouvernement de procéder au retrait immédiat de la ministre concernée. Le mouvement réclame également que l’ensemble des ministres reconduits ou nouvellement nommés soumettent leurs déclarations de patrimoine conformément aux dispositions du décret du 12 février 2008.
Tout en réaffirmant sa position critique vis-à-vis du pouvoir en place, l’organisation invite les autorités à respecter strictement les principes constitutionnels et les mécanismes de transparence dans la gestion des affaires publiques.
Pour l’heure, aucune réaction officielle du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ni du ministère des Affaires étrangères n’a encore été rendue publique concernant ces accusations. Cette correspondance risque toutefois de relancer le débat sur la question de la nationalité et de l’éligibilité aux hautes fonctions de l’État, un sujet sensible et récurrent dans la vie politique haïtienne.
Landy T.