Le 9 octobre 2026, la SONAPI a célébré la Journée mondiale de la Poste, placée sous le thème « Un seul réseau postal, des possibilités infinies ».
Réunissant le directeur général de l’Office des Postes d’Haïti (OPH), le ministre du Commerce et de l’Industrie et un représentant du Premier ministre a permis de croiser les regards sur la modernisation du service postal, les difficultés du secteur et les services annoncés.
Comment faire de la poste un véritable outil de développement dans un contexte difficile ? C’est la question qui a traversé la cérémonie organisée ce vendredi 9 octobre à la SONAPI, jour de l’anniversaire de la création de l’Union postale universelle, en 1874.
Les membres du conseil d’administration de l’OPH, la directrice de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), les directeurs généraux de la SONAPI et de la Police nationale d’Haïti, le consul honoraire du Guyana, le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Barreau de Port-au-Prince, ainsi que des représentants du secteur privé, des partenaires techniques et financiers et de la presse.
Un décret comme « acte de naissance » pour l’OPH
Le directeur général de l’OPH, Carel Alexandre, a affirmé sa volonté de bâtir une poste moderne et interconnectée, avec des produits innovants. Il a cité le suivi des colis en temps réel (tracking number), le commerce électronique et un service express, convaincu que « des possibilités infinies se dessinent à l’horizon » de l’institution. Il a remercié le gouvernement d’avoir « doté l’Office des Postes d’Haïti d’un nouvel acte de naissance ».
Selon lui, le décret portant réorganisation de cette administration « ouvre un boulevard propice à faire d’elle une institution hautement compétitive ».
Ce texte, selon lui, permettra : une structure administrative plus large, avec davantage de postes ; la numérisation des produits postaux et l’automatisation des processus ; l’émergence de produits financiers comme les transferts électroniques ; l’extension du réseau ; et l’autonomie financière, c’est-à-dire la capacité de gérer ses ressources, d’établir son budget et de réaliser des investissements stratégiques, afin de diversifier les revenus de l’Office et de contrôler ses dépenses. Parmi les services innovants annoncés figurent le paiement mobile et la livraison, avec un horizon fixé à « l’aube des années 2030 ».
L’OPH, a-t-il ajouté, jette ainsi les bases du commerce électronique pour favoriser la croissance des entreprises et faciliter une transformation numérique sécurisée.
M. Alexandre a salué les 375 employés de l’Office, qui travaillent, a-t-il dit, dans un « environnement délétère ».
Un réseau de « bien public » au service de l’économie

Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a ensuite apporté une perspective économique : « Ce réseau est un bien public, il appartient à chaque citoyen, quelle que soit sa commune, quel que soit son revenu. » Un bureau de poste à Jérémie, à Fort-Liberté ou à Hinche est relié, a-t-il expliqué, au même système qu’un bureau à Paris, Montréal ou Miami.
Il a identifié trois bénéficiaires : les petites et moyennes entreprises (artisans, producteurs de café et de cacao, cassaviers, jeunes entrepreneurs en ligne), la diaspora, et les communes éloignées, où le bureau de poste reste « l’une des présences sûres de l’État ».
« Le commerce électronique ne vaut que par la livraison qui le suit. Une poste moderne, c’est donc une porte ouverte sur le marché », a-t-il insisté.
Le ministre n’a pas éludé les difficultés : routes bloquées, insécurité, moyens limités et concurrence réelle des opérateurs privés. Son ministère propose trois axes de travail : la modernisation des services (numérique et suivi des envois), l’appui aux entreprises haïtiennes pour qu’elles utilisent le réseau postal, et la coordination entre institutions. Il a conclu : « Faisons de la poste l’un des instruments de ce relèvement économique. »
La Primature promet un « nouvel élan »
Représentant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Me Axène Joseph, directeur de cabinet, a décrit la Poste comme « le trait d’union essentiel entre les citoyens, le pont qui réunit nos communautés et le maillage qui désenclave nos territoires ». Le gouvernement, a-t-il affirmé, veut « une administration plus moderne, plus accessible, plus efficace et davantage au service du citoyen », avec la transformation numérique, la modernisation des services et le déploiement de nouveaux outils comme piliers.
Il a salué le « courage » et l’« engagement » du personnel dans « une conjoncture complexe » et réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner les institutions publiques dans leur transformation. Il a lié la modernisation à la reconstruction du pays : « La reconstruction d’Haïti passe nécessairement par la restauration de la confiance dans l’État. Et cette confiance se construit chaque jour dans la qualité des services que l’État offre à la population. »
Si les trois intervenants ont insisté sur des aspects différents, institutionnel, économique et politique, tous se sont accordés sur l’urgence de moderniser la poste haïtienne, notamment par le numérique.
Hommage au personnel
La cérémonie s’est poursuivie par la reconnaissance des employés. « Derrière chaque institution qui fonctionne, il y a des femmes et des hommes qui s’engagent », a-t-il été rappelé, une institution « vivant avant tout grâce à ses ressources humaines ».
Cinq employés ont reçu un certificat « honneur et mérite » des mains du directeur général, entouré du ministre, du chef de cabinet et de la directrice de l’ULCC :
Antoine Édouard, entré à l’OPH en mars 2013 sous contrat et intégré en octobre 2013 ;
Charlie Aspil, facteur depuis février 2002, promu brigadier en novembre 2023 ;
Carlenz Martini-Jules, informaticien depuis août 2023, promu chef de section en septembre 2024 ;
Marie-Kenya Villarsson, recrutée en 2015, nommée secrétaire en 2017, puis assistante-chef de service en février 2026 ;
Katiana Rivière Gustave, recrutée en octobre 2017, promue assistante-chef de service en décembre 2023.
Le titre d’employé de l’année est revenu à Dominique Dirozaire-Berra, entré à l’OPH en mai 1988, soit plus de 38 ans de service, et chef du Bureau d’échange et statistique depuis le 4 février 2022.
Le personnel a enfin rendu hommage à son directeur général, Carel Alexandre : « C’est votre institution qui a choisi de vous mettre à l’honneur. »