Dans une sortie qui n’a laissé personne indifférent, Donald Trump a une fois de plus franchi une ligne que beaucoup jugent intolérable. Face aux caméras, lors d’une réunion publique de son cabinet, il a qualifié les immigrés somaliens de « déchets » et affirmé que la Somalie était un « pays qui pue ». Des propos bruts, offensants, et assumés.
« Leur pays pue, et on ne veut pas d’eux chez nous », a-t-il lancé sans détour, sous les regards tendus de certains membres de son entourage.
Cette déclaration intervient alors que les autorités américaines viennent de suspendre temporairement les demandes d’immigration pour 19 pays, dont la Somalie, après une fusillade qui a coûté la vie à deux membres de la Garde nationale. Le climat sécuritaire déjà tendu s’alourdit d’un discours qui divise profondément.
À Mogadiscio comme au sein de la diaspora somalienne, l’indignation est palpable. Entre silence institutionnel et colère populaire, les réactions fusent. Des voix somaliennes dénoncent une insulte ouverte à un peuple, à une culture, à une histoire. D’autres, plus modérées, appellent à ne pas céder à la provocation.
Dans l’État du Minnesota, où vit l’une des plus grandes communautés somaliennes des États-Unis, élus et citoyens expriment leur écœurement. Ils dénoncent un discours qui alimente la haine, la peur, et fragilise encore davantage les liens entre les communautés.
Ce que certains décrivent comme une « sortie de route » s’inscrit pourtant dans une stratégie bien connue de l’ex-président : durcir le ton à l’approche des élections. Mais à quel prix ?
Car derrière les mots, il y a des conséquences humaines. Des jeunes qui se sentent moins légitimes, des familles qui ont peur, des Américains d’origine somalienne qui doutent de leur place dans le pays qu’ils appellent « chez eux ».
Au fond, ce n’est pas simplement une phrase de plus dans la rhétorique de Trump. C’est un rappel brutal de la réalité de certains discours politiques : ils blessent, ils stigmatisent, ils divisent. Et la fracture, elle, ne cesse de grandir.
Christnoude BEAUPLAN