Dans une note rendue publique ce 8 décembre 2025, la Ligue haïtienne de Défense des Droits humains (LHDDH), regroupant plus d’une trentaine d’organisations, dénonce avec fermeté l’attitude qu’elle qualifie d’irresponsable de la part des autorités étatiques, lesquelles laissent s’envenimer une situation déjà critique au sein de l’appareil judiciaire.
Depuis le 17 novembre 2025, les magistrats debout observent une grève pour réclamer un traitement équitable, en conformité avec la loi de 2007 portant statut de la magistrature et le statut 47. Malgré la légitimité de leurs revendications, les autorités ont choisi le silence. Un silence lourd, que la LHDDH interprète comme un signe d’indifférence, alors que la paralysie actuelle nuit gravement au fonctionnement normal de la justice et alimente une crise institutionnelle de plus en plus préoccupante.
La LHDDH rappelle que la loi impose à l’État l’obligation de garantir des conditions de travail adéquates et justes pour chaque citoyen, y compris les magistrats. Pourtant, aucune position officielle n’a encore été prise par les autorités, malgré la gravité du dossier. L’organisation appelle le Conseil Présidentiel de Transition à agir rapidement, à instruire le ministre de la Justice, et à apporter des réponses concrètes afin de mettre un terme à la grève et permettre à l’appareil judiciaire de reprendre son cours normal.
Dans le même temps, la paralysie du système aggrave les violations des droits humains. Alors que la Police multiplie les opérations d’interpellation, un nombre considérable de personnes arrêtées ne peut être présenté devant un juge dans les délais légaux. Les détentions prolongées se multiplient, les procédures stagnent, et les violations des droits fondamentaux deviennent plus flagrantes. Victimes, familles, avocats et prévenus se retrouvent pris dans un vide institutionnel qui fragilise davantage la confiance envers la justice.
La LHDDH condamne avec force ces dérives et appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités. Elle réclame l’adoption de mesures urgentes pour engager un dialogue constructif avec les magistrats debout et répondre à leurs revendications de manière satisfaisante. Elle insiste également sur la nécessité de garantir des conditions de travail convenables à tous les acteurs judiciaires, condition essentielle pour un fonctionnement efficace de la justice.
En réaffirmant sa position, la LHDDH rappelle que l’avenir démocratique du pays dépend du rétablissement d’un système judiciaire stable, fonctionnel et respectueux des droits humains. Haïti, souligne-t-elle, ne pourra devenir un État juste que lorsque la justice sera pleinement opérationnelle et indépendante dans toutes ses composantes. Les prochains jours diront si les autorités entendent finalement sortir du silence et prendre la mesure de cette crise qui menace l’équilibre républicain.
Landy T.