L’ancien sénateur Patrice Dumont s’en est une nouvelle fois pris à l’ingérence de plusieurs puissances étrangères dans les affaires internes d’Haïti. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, l’ex-parlementaire a vivement critiqué les ambassades des États-Unis et du Canada, qu’il accuse d’intervenir de manière abusive dans la politique nationale.
M. Dumont a particulièrement dénoncé la décision récente du gouvernement américain de sanctionner le Conseiller-Président, Fritz Alphonse Jean, sur la base de présumés liens avec des groupes armés actifs en Haïti. Selon lui, jamais ces pays n’oseraient agir ainsi au Brésil, en Angleterre, en Russie ou dans d’autres États dotés de dirigeants fermes et respectés ».
« Se nou ki envite yo kòmande nou »
L’ancien sénateur estime toutefois que cette situation découle avant tout de la complaisance des dirigeants haïtiens. « Se nou ki envite yo kòmande nou », a-t-il déclaré, soulignant que les autorités locales ont depuis longtemps accepté un rapport de subordination qui facilite ces ingérences.
Pour illustrer l’irrespect dont Haïti serait victime sur le plan diplomatique, Patrice Dumont a rappelé l’épisode où l’ancienne ambassadrice américaine Pamela White était entrée dans une salle de séance portant des sandales un geste qu’il considère comme une marque claire de mépris envers les institutions du pays. « La diplomatie n’autorise pas ce type de comportement », a-t-il insisté.
Une série d’incidents diplomatiques pointés du doigt
Dans son intervention, Patrice Dumont a évoqué plusieurs incidents diplomatiques qu’il interprète comme des preuves supplémentaires de l’ingérence directe des États-Unis dans les affaires politiques haïtiennes. Il accuse les autorités nationales de rester passives, au lieu d’affirmer leur souveraineté.
Selon lui, les relations diplomatiques actuelles « pa koresponn ak prensip yo » , car ce ne sont plus les normes mais la force qui s’impose. Il appelle ainsi les dirigeants haïtiens à adopter une position de rectitude et de fermeté.
Le cas des accusations et la question de la souveraineté
Patrice Dumont souligne que n’importe qui peut être accusé de crime, de vol ou d’autres fautes, mais que l’accusé doit être en mesure de prouver son innocence par les faits. Il estime que, pour envoyer un signal clair d’indépendance, le Conseil présidentiel de Transition (KPT) aurait dû révoquer le Premier ministre, comme cela avait été envisagé.
« Tout moun konnen se peyi Etazini ki dikte nou konduit nou » , regrette-t-il, déplorant le manque de courage politique au sommet de l’État.
Recommandations pour rétablir la dignité nationale
En conclusion, l’ancien sénateur appelle les autorités haïtiennes à reconstruire les institutions fondamentales du pays et à investir dans la formation de cadres nationaux : écoles diplomatiques, écoles secondaires et primaires centrées sur la notion de dignité.
« Ou ka toujou vòlè nan vi prive w, men lè w rive nan tèt peyi a kòm dirijan, ou dwe kite defo sa yo » , a souligné Patrice Dumont, estimant que ce sont précisément ces dérives internes qui permettent aux puissances étrangères, notamment les États-Unis, d’exercer une influence disproportionnée sur Haïti.
Vénus Noire.