Dans un mouvement qui secoue la diplomatie internationale, l’Assemblée nationale du Venezuela a voté jeudi l’abrogation de la loi qui avait ratifié le Statut de Rome, ouvrant ainsi la voie à un retrait officiel de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision intervient alors que la CPI mène depuis plusieurs années une enquête sur des allégations de violations des droits humains commises dans le pays.
Les députés, alignés avec le gouvernement du président Nicolás Maduro, ont adopté la mesure à l’unanimité, affirmant que l’adhésion au Statut de Rome n’a pas apporté à Caracas les garanties de justice qu’elle espérait. Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée et proche allié de Maduro, a qualifié la CPI d’« instrument d’impérialisme nord‑américain », justifiant ainsi la sortie de l’institution.
Depuis 2021, la Cour enquêtait sur des accusations de crimes contre l’humanité allégués, liées à la répression de manifestations antigouvernementales et à des abus imputés à des membres des forces de sécurité. Selon des organisations de défense des droits humains, ces événements ont entraîné torture, détentions arbitraires et décès de civils.
Pour le gouvernement vénézuélien, cet acte est présenté comme une « affirmation de souveraineté juridique », mais il suscite de fortes critiques tant au pays qu’à l’international. Les opposants et les défenseurs des droits humains voient dans ce retrait un moyen de se soustraire à tout mécanisme judiciaire indépendant, réduisant ainsi les chances de rendre justice aux victimes.
La procédure de retrait prendra effet un an après la notification officielle à la CPI, période pendant laquelle le Venezuela reste encore soumis à la juridiction de la Cour pour les allégations déjà enregistrées. L’impact de cette décision sur la scène politique et diplomatique régionale reste cependant incertain.
Christnoude BEAUPLAN