« Pandan tout vim, mwen toujou koute vwa pèp la… » C’est par ces mots, simples mais chargés de sens, que Leslie Voltaire, membre influent du Conseil présidentiel, a résumé, ce dimanche, sa vision de l’action publique. Dans une publication sur son compte X, il a défendu l’ouverture du port de Saint-Louis du Sud comme une réponse directe aux cris du peuple face à la vie chère.
Derrière le ton populaire, c’est une stratégie assumée : agir là où l’État n’arrivait plus à répondre. Le port, désormais pleinement opérationnel, a déjà accueilli plus de 20 navires. 6 millions de dollars américains ont été collectés à la douane du Sud, un chiffre que Voltaire n’a pas manqué de mettre en avant comme un signal fort pour la décentralisation et la relance économique régionale.
Loin de Port-au-Prince et de ses tensions permanentes, le Grand Sud tente de retrouver sa respiration. L’ouverture du port, mais aussi l’extension récente de l’aéroport des Cayes, traduisent une volonté claire, celle de déplacer le centre de gravité économique du pays.
Pour Voltaire, « l’accès des marchandises, c’est l’accès à une vie moins chère ». Le raisonnement est simple. Si les produits arrivent plus vite, plus près, ils coûteront moins cher. Et donc, le pouvoir d’achat local pourrait mieux résister à l’inflation.
Mais au-delà des chiffres et des infrastructures, c’est la vision politique qui se précise. En parlant de «reprendre le contrôle du territoire», Voltaire souligne ce que tout le monde sait : aucun développement n’est possible sans sécurité. Et la sécurité ne se limite pas aux armes. Elle commence par des routes accessibles, du travail pour les jeunes, des institutions présentes et actives dans les régions.
Dans un contexte national toujours incertain, les paroles de Leslie Voltaire sonnent comme une promesse, ou peut-être un pari. Celui de réconcilier les citoyens avec l’État, en montrant que des décisions concrètes peuvent être prises, loin du centralisme et des vieilles habitudes de Port-au-Prince.
Oui, les défis restent immenses. Oui, ce n’est qu’un début. Mais dans un pays qui doute de tout, même un quai qui reçoit des bateaux peut devenir un symbole d’espoir.
Christnoude BEAUPLAN