Washington a procédé à une révision importante de l’acte d’accusation visant le président vénézuélien Nicolás Maduro, supprimant des éléments clés de l’argumentaire initial. Historiquement présenté par les autorités américaines comme le chef du prétendu « Cartel de los Soles », une organisation de narcotrafic accusée d’acheminer de grandes quantités de drogue vers les États-Unis, Maduro n’est désormais plus formellement décrit comme le dirigeant d’une telle structure dans la version récemment modifiée du document judiciaire.
Dans l’acte d’accusation original, déposé en 2020, les procureurs américains mentionnaient à de nombreuses reprises l’existence du Cartel de los Soles et affirmaient que Maduro en assurait la direction effective, une qualification qui a servi de fondement à des accusations graves et à des discours politiques intenses à Washington.
Mais la nouvelle version, révisée après l’arrestation de Maduro à Caracas par des forces américaines et son transfert à New York, élimine pratiquement toute référence à une organisation criminelle hiérarchisée dirigée par le président vénézuélien. À la place, l’acte décrit un climat de clientélisme et de corruption dans lequel des élites civiles et militaires profiteraient des profits issus du trafic de stupéfiants, avec la protection institutionnelle de hauts responsables.
Le texte révisé ne mentionne le terme « Cartel de los Soles » que deux fois et l’interprète comme un système de patronage, sans que Maduro y soit clairement identifié comme chef d’un réseau criminel organisé. Dans cette formulation, les bénéfices des activités de trafic de drogue seraient redistribués à des responsables corrompus à travers un mécanisme informel souvent désigné par cette expression, plutôt qu’au sein d’un cartel structuré.
Cette modification juridique intervient dans un contexte déjà marqué par un débat sur la pertinence de la qualification de « cartel » appliquée à cette réalité vénézuélienne. Plusieurs spécialistes estiment en effet que l’expression « Cartel de los Soles », née dans les années 1990 comme une métaphore journalistique désignant des officiers corrompus, ne correspond pas à une organisation criminelle structurée au sens technique du terme, ce qui rendait l’usage de cette qualification juridiquement fragile.
Le recul des procureurs américains contraste avec les déclarations politiques antérieures, notamment celles du président américain Donald Trump ou du secrétaire d’État Marco Rubio, qui avaient utilisé l’idée d’un cartel organisé pour justifier une ligne dure contre le régime chaviste, y compris la désignation de ce groupe comme organisation terroriste étrangère fin 2025.
Dans la version révisée de l’acte, Maduro reste toutefois accusé de participation à une conspiration de trafic de cocaïne, de narcoterrorisme et de possession illégale d’armes, des charges qui continuent de peser contre lui devant un tribunal fédéral à New York.
Vénus Noire.