L’ancien Premier ministre Jean Henry Céant a accusé publiquement le Premier ministre Garry Conille d’utiliser l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) à des fins politiques. Ces déclarations ont été faites lors de son intervention à l’émission Panel Magik, où il a affirmé que des membres du Conseil présidentiel de Transition (CPT) seraient ciblés dans le cadre de l’enquête sur la Banque Nationale de Crédit (BNC).
Selon M. Céant, l’ULCC ne mènerait pas ses enquêtes de manière impartiale et serait mobilisée pour affaiblir certains acteurs politiques, notamment au sein du CPT. L’ancien chef du gouvernement n’a pas fourni de documents ou de preuves officielles à l’appui de ses affirmations. Jusqu’à présent, ni le bureau du Premier ministre ni l’ULCC n’ont réagi publiquement à ces déclarations.
L’affaire de la BNC, qui implique des soupçons de malversations financières, est actuellement en cours d’instruction. L’ULCC a entamé plusieurs démarches dans ce dossier, dont des convocations et demandes de documents adressées à différentes institutions et personnalités. Aucune mise en accusation formelle n’a encore été annoncée par les autorités compétentes.
Dans ses propos, M. Céant a également appelé à une réforme du mode de nomination du directeur général de l’ULCC. Il a suggéré l’instauration d’un mandat fixe et non révocable avant son terme, afin d’éviter toute influence politique sur la conduite des enquêtes. Ce modèle, selon lui, renforcerait l’indépendance structurelle de l’institution.
L’ULCC, créée en 2004, est une entité administrative dotée de l’autonomie technique, chargée de prévenir et de réprimer la corruption dans l’administration publique haïtienne. Elle agit sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances et travaille en coordination avec d’autres organes de l’État et partenaires internationaux engagés dans la lutte contre la corruption.
Aucune enquête indépendante n’a pour le moment été ouverte pour vérifier les accusations de M. Céant. Le dossier BNC poursuit son cours et demeure suivi de près par plusieurs organisations de la société civile et par les observateurs du processus de transition politique en Haïti.
Landy T.