Les mobilisations contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur prennent de l’ampleur. Ce lundi, plusieurs ports français, dont ceux de Marseille, Le Havre et La Rochelle, ont été partiellement bloqués par des agriculteurs, syndicalistes et militants écologistes.
Ces manifestants dénoncent un accord jugé destructeur pour l’agriculture locale et les normes environnementales européennes. « On ne peut pas laisser entrer de la viande produite avec des standards qu’on interdit ici », a déclaré un représentant de la FNSEA.
L’accord UE-Mercosur, en discussion depuis plus de deux décennies, vise à faciliter les échanges entre l’Europe et les pays d’Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Mais il suscite des oppositions croissantes, notamment en France, où les agriculteurs redoutent une concurrence déloyale.
Au-delà de l’enjeu agricole, les ONG pointent également les risques pour l’Amazonie, avec une possible hausse de la déforestation liée à l’exportation de produits brésiliens.
Le gouvernement français, bien que favorable au libre-échange, a reconnu la légitimité de certaines inquiétudes et appelé à un « dialogue constructif ». Mais pour les manifestants, l’heure n’est plus aux promesses : ils exigent le retrait pur et simple de l’accord.
Christnoude BEAUPLAN