Port-au-Prince s’est réveillée ce mercredi 21 janvier 2026 dans un climat de vive tension, marqué par des barricades enflammées, des axes routiers paralysés et des coups de feu signalés dans plusieurs zones stratégiques de la capitale et de sa périphérie.
Des pneus en feu et des barricades ont été signalés notamment à Delmas 103, sur la route de Kenscoff, à Pélerin 5, à l’entrée du morne Calvaire, à Montagne Noire et à Juvénat. Ces points de crispation ont fortement perturbé la circulation, rendant les déplacements quasi impossibles pour les automobilistes et les piétons. Des témoignages concordants font également état de détonations entendues dans les secteurs de Pélerin et de Torcel, accentuant un sentiment d’insécurité généralisée.
Cette flambée de tension intervient dans un contexte politique explosif. La veille, mardi, s’est achevé un processus de dialogue politique orchestré par le Conseil présidentiel de transition (CPT). Loin d’apaiser les esprits, ces discussions ont débouché sur une radicalisation des positions : plusieurs blocs politiques ont publiquement réclamé le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils tiennent pour responsable de l’enlisement politique et de l’aggravation de la crise sécuritaire et sociale.
Dans la rue, le message est clair : la patience s’effrite. L’absence d’explications officielles sur l’origine exacte des mouvements observés ce mercredi n’empêche pas les observateurs d’y voir une traduction directe de la contestation politique et du rejet d’un statu quo jugé intenable. Entre dialogue institutionnel sans consensus et pression populaire diffuse, la capitale semble prise en étau.
Alors que l’État peine à reprendre le contrôle de l’espace public, cette nouvelle journée de paralysie pose une question centrale : le dialogue politique a-t-il encore une crédibilité s’il ne produit ni décisions fortes ni signaux concrets pour la population ? À défaut de réponses rapides, la rue pourrait continuer à dicter le tempo, au risque d’enfoncer davantage le pays dans l’instabilité.
Wandy Love Lalanne