La question n’est plus technique. Elle est politique. Depuis des années, l’énergie solaire est présentée comme une solution évidente pour Haïti : abondante, décentralisable, rapidement déployable. Pourtant, elle reste lourdement taxée, renchérissant le coût des équipements pour les ménages, les entrepreneurs et même les services publics. Cette contradiction affaiblit toute ambition de transition énergétique crédible.
Dans un contexte où l’État affirme vouloir exploiter les ressources locales et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, la détaxation du solaire devient un test de cohérence. Elle n’est pas un cadeau fiscal, mais un outil de politique publique : baisser les coûts d’accès, accélérer l’électrification des écoles, hôpitaux et activités productives, et envoyer un signal clair aux investisseurs.
La question “à quand ?” renvoie donc à trois enjeux concrets :
- Calendrier : une mesure annoncée sans date perd sa force.
- Périmètre : quels équipements (panneaux, onduleurs, batteries) et pour quels usages prioritaires ?
- Crédibilité : l’exemption doit être simple, appliquée et contrôlée, sans zones grises.
Si la réforme énergétique veut passer des mots aux faits, la détaxation du solaire doit figurer parmi les premières décisions visibles. Non pas demain abstraitement, mais maintenant, avec des règles claires et applicables.
Car dans un pays en quête de confiance, les actes fiscaux parlent plus fort que les discours.