Face aux contraintes structurelles du secteur énergétique, l’État haïtien mise sur des projets ciblés pour amorcer une réforme progressive. Parmi eux, le Programme Haïtien d’Accès des Communautés Rurales à l’Énergie Solaire (PHARES) et le Off-Grid Electricity Fund (OGEF) s’imposent comme deux piliers de la stratégie nationale en matière d’accès à l’électricité et de transition énergétique.
Selon l’ingénieur Léonidas Pierre Davoust, coordonnateur de la Cellule Énergie au ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), ces projets répondent à un impératif majeur : apporter des solutions innovantes dans le secteur. « L’énergie en Haïti souffre depuis longtemps d’un déficit de planification, de problèmes de gouvernance et d’une dépendance excessive aux énergies fossiles », explique-t-il. Cette situation se traduit par un accès limité à l’électricité, surtout dans les zones rurales, et par une faible attractivité pour les investissements. Ces solutions nouvelles reposent sur une approche combinant planification stratégique, renforcement institutionnel et solutions adaptées aux réalités territoriales.
Le projet PHARES vise à renforcer les capacités de l’État en matière de planification énergétique, en appuyant l’élaboration d’outils stratégiques, la production de données fiables et la promotion des énergies renouvelables. « PHARES permet de poser les bases d’une politique cohérente, orientée vers l’efficacité énergétique et l’intégration progressive des solutions solaires dans les communautés rurales », souligne le coordonnateur.
Complémentaire à PHARES, OGEF agit comme un mécanisme d’investissement dédié à l’électrification hors réseau. Le fonds soutient les entreprises locales dans le déploiement de systèmes solaires autonomes (SHS : Solar Home System) et le développement de mini-réseaux en partenariat avec des acteurs internationaux. « OGEF contribue à améliorer la gouvernance et à attirer des investissements vers des solutions décentralisées capables de répondre rapidement aux besoins des communautés non connectées au réseau national », ajoute l’ingénieur.
Au-delà des aspects techniques, la Cellule Énergie défend une vision territoriale de l’accès à l’électricité. « L’énergie doit être pensée comme un levier de développement local », insiste Davoust, rappelant l’importance d’adapter les solutions aux réalités économiques et géographiques des différentes régions du pays.
PHARES et OGEF ne prétendent pas résoudre tous les problèmes, mais constituent des étapes essentielles vers une réforme plus large du secteur. Ils traduisent une volonté d’apporter méthode, transparence et vision de long terme dans un domaine stratégique pour le développement national.