L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana monte au créneau. Dans un communiqué public n°2 adressé à la communauté internationale, notamment à la CARICOM, elle dénonce ce qu’elle qualifie de profond blocage institutionnel au cœur de la transition politique haïtienne, tout en rejetant toute solution imposée de l’extérieur à la crise actuelle.
Selon les signataires, la situation découle à la fois de pressions exercées par les États-Unis sur certains membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du refus du coordonnateur du CPT, Laurent St-Cyr, d’appliquer une résolution adoptée à la majorité qualifiée, laquelle révoquait le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cette impasse, soulignent-ils, met en lumière les failles structurelles de la transition : ingérences étrangères, conflits d’intérêts et absence de consensus national autour de l’Accord du 3 avril.
L’Assemblée rappelle que cet accord, censé baliser la transition, avait pourtant été conclu avec l’accompagnement de personnalités éminentes de la CARICOM, aujourd’hui interpellée sur la tournure des événements. Pour les signataires, toute tentative d’imposer une issue politique depuis l’extérieur ne ferait qu’aggraver la crise, renforcer la dépendance du pays et éloigner davantage l’État haïtien des aspirations profondes de la population.
Dans ce contexte, l’Accord de Montana réaffirme son soutien à la révocation du Premier ministre, rejette fermement les injonctions internationales jugées contraires à la souveraineté nationale et plaide pour une solution strictement haïtienne, inclusive et consensuelle. L’Assemblée propose ainsi la tenue d’une Conférence des acteurs, visant à repenser la gouvernance de la transition, définir une feuille de route réaliste et construire une entente politique capable de répondre aux défis sécuritaires, institutionnels et sociaux du pays.
À travers cette prise de position, les signataires de l’Accord de Montana entendent replacer le débat au cœur de la souveraineté nationale et rappeler que la sortie de crise ne peut être durable sans l’adhésion réelle des forces vives de la nation.
Wandy Love Lalanne