Le leader politique Moïse Jean-Charles a réaffirmé avec force son adhésion aux décisions issues des concertations nationales en cours, tout en exprimant clairement son soutien au Conseil présidentiel de transition, qu’il considère comme un cadre légitime devant être renforcé et accompagné par un exécutif bicéphale.
Dans une prise de parole au ton résolument militant, il a insisté sur le fait que le Conseil présidentiel doit assumer pleinement son rôle historique, sans se laisser intimider ni dicter sa conduite par des intérêts internes ou externes.
« Je suis attaché aux décisions qui sortiront de ce processus, et j’appuie le Conseil présidentiel tant qu’il agit dans l’intérêt du peuple haïtien », a-t-il déclaré.
Moïse Jean-Charles s’est dit satisfait de la présence de l’ensemble des leaders politiques et des groupes organisés de la société autour de la table de dialogue, estimant que cette convergence marque une rupture avec les pratiques d’exclusion du passé. Pour lui, cette mobilisation collective envoie un message clair :
« Qu’ils le veuillent ou non, les étrangers ne peuvent plus décider à la place des Haïtiens. »
Tout en réaffirmant son appui au Conseil présidentiel, il a cependant dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de défaillance grave : le fait que cinq membres du Conseil aient accepté qu’une décision nationale soit bloquée ou orientée sous l’influence d’un cercle restreint, qu’il juge déconnecté des réalités populaires.
« C’est une humiliation pour la nation. Aucun groupe, aussi puissant soit-il, ne peut s’arroger le droit de mépriser les institutions de transition », a-t-il martelé.
Dans un discours empreint de mémoire historique, Moïse Jean-Charles a mis en garde contre une reproduction des schémas de domination hérités de 1807, où une minorité accaparait à la fois l’économie et le pouvoir politique. Selon lui, certains secteurs économiques tenteraient aujourd’hui de confisquer la transition et de placer le pays sous une logique de gouvernance excluante.
« Nous ne pouvons pas accepter que l’économie et la politique soient encore une fois prises en otage par une bourgeoisie prédatrice », a-t-il lancé.
Le leader politique a souligné que son engagement s’inscrit avant tout dans une démarche pacifique, mais il a averti que le peuple haïtien ne saurait rester passif face à une dérive qui menacerait la souveraineté nationale.
« Malgré nos différences, il y a une ligne rouge que nous ne pouvons pas laisser franchir », a-t-il affirmé.
Enfin, dans une déclaration à forte portée diplomatique, Moïse Jean-Charles a rejeté toute tentative de tutelle étrangère, rappelant que la dignité nationale ne se négocie pas.
« Aucun drapeau étranger ne peut dicter aux Haïtiens ce qu’ils doivent faire. Le Conseil présidentiel doit décider avec le peuple, pour le peuple », a-t-il conclu.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de transition tendue, où le Conseil présidentiel est appelé à faire preuve de courage politique, de cohérence et de fidélité aux aspirations profondes de la majorité nationale.
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