Pétion-Ville, siège central de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA). La cérémonie marquant les douze mois de gouvernance du Directeur Général a réuni les grands ténors de l’institution : le DG, le DRO, le DRH, le Directeur de la Communication Luckenson Auguste, ainsi que plusieurs cadres et employés. Une rencontre solennelle, mais surtout un exercice de reddition de comptes.
Présenté par Luckenson Auguste, le Directeur Général a tenu d’entrée de jeu à poser le cadre : « Ce bilan est celui de la DINEPA dans son ensemble. Il appartient à tous les cadres, à tous les employés, à nos partenaires techniques et financiers, au Gouvernement et à la presse qui nous a accompagnés sans relâche. » Un message clair de dépersonnalisation des résultats : il ne s’agit pas d’un homme, mais d’une institution.
Au cours de ces douze mois, la DINEPA a évolué dans un contexte particulièrement complexe. Défis budgétaires persistants, insécurité affectant les chantiers et les déplacements, pressions sociales liées à la crise humanitaire : les obstacles n’ont pas manqué. Pourtant, l’institution « a tenu bon » pour garantir sa mission première : l’accès à l’eau potable pour la population.
Trois grands chantiers structurent ce bilan annuel. D’abord, l’amélioration de la coordination sectorielle, afin de mieux harmoniser les interventions sur le territoire. Ensuite, l’autonomisation financière, avec une volonté affirmée de rendre le secteur plus viable et plus rentable. Enfin, le renforcement des capacités opérationnelles et techniques, pour doter la DINEPA d’outils et de compétences à la hauteur des besoins nationaux.
Le Directeur Général a insisté sur la nécessité d’un bilan lucide. Il ne s’agissait pas uniquement de célébrer les avancées, mais aussi d’évaluer les contraintes et d’installer une base stratégique solide pour une amélioration continue. L’ambition affichée : construire une DINEPA plus forte, plus autonome et durablement au service du pays.
Parmi les réalisations concrètes, huit réseaux hydrauliques ont été inaugurés, finalisés ou mis en service au bénéfice de la population, notamment à Lafond (Jacmel), Miragoâne, Faugace (aux Cayes), Les Irois, Bonbon, Anse-à-Pitres, Vivi-Mitchell et Anse-à-Veau. Parallèlement, douze autres réseaux d’eau potable ont été lancés, couvrant des zones stratégiques telles que Les Cayes, Jacmel, Vivi Mitchell, Jérémie, Vallières, Maïssade, Borgne, Pilate et Lascahobas. Au Cap-Haïtien, le projet de ligne d’adduction visant Babiole, Vaudreuil, le Haut du Cap jusqu’à Morne Rouge figure parmi les initiatives structurantes.
Les chantiers ont été poursuivis et accélérés dans plusieurs régions : Vivy Mitchell, Gonaïves, Cap-Haïtien, Limonade où un projet d’usine de traitement des boues de vidange est en cours ainsi qu’à Saint-Louis du Nord, Fort-Liberté, Hinche, Caradeux, Puits-Blain, Léogâne et Jérémie. Des forages, des bâtiments administratifs, des centres techniques d’exploitation (CTE) et des clôtures de sécurisation ont été réalisés ou engagés.
D’autres projets sont en phase de signature de contrat, notamment au Cap-Haïtien avec la construction de deux réservoirs d’une capacité de 1 584 000 gallons à Babiole, la mise en place d’une ligne de refoulement à Balan, le renforcement du réseau de Fort Saint-Michel, quatre forages pour Port-de-Paix, ainsi que le réseau hydraulique de Lascahobas.
L’action de la DINEPA s’est également illustrée dans la gestion de l’urgence. Dans le département du Centre, quatorze camps ont bénéficié d’assistance, touchant environ 90 000 personnes. À Port-au-Prince, plus de 2 250 camions d’eau ont été mobilisés au profit de plus de 60 000 personnes, sans compter les interventions dans le Sud-Est et les opérations de vidange de fosses septiques dans les prisons, commissariats et camps. Distribution de chlore, eau traitée : l’institution s’est positionnée en première ligne face à la crise.
Sur le plan institutionnel, des réformes de gouvernance ont été engagées : mise en place d’un Conseil de Direction, réingénierie du personnel avec transferts et promotions, réintégration de cadres, installation de logiciels pour sécuriser les transactions financières, résolution sur les grilles tarifaires afin de renforcer la rentabilité du secteur, formation continue des cadres et consolidation des partenariats internationaux.
Le soutien des partenaires techniques et financiers BID, Banque mondiale, Union européenne, Coopération suisse, Coopération espagnole, entre autres ainsi que l’appui du Gouvernement ont été déterminants dans l’atteinte de ces résultats.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du travail accompli : 8 SAEP en fonction, 28 réseaux opérationnels dans des zones stratégiques, plus de 11 000 nouveaux ménages connectés à Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Jérémie, Port-de-Paix, Hinche et ailleurs, et près de 27 millions de mètres cubes d’eau produits et distribués.
En conclusion, le Directeur Général a résumé ce qu’il considère comme le « secret » de ces avancées : un changement de leadership, une équipe engagée et déterminée, le soutien des partenaires et du Gouvernement. Mais surtout, une conviction partagée : « Ce ne sont pas les résultats d’un homme. Ce n’est pas Ostinvil, c’est la DINEPA. »
Douze mois après son entrée en fonction, la DINEPA affiche un bilan à la fois ambitieux et réaliste. Dans un contexte national difficile, l’institution entend poursuivre sur cette dynamique, avec une priorité constante : garantir à chaque citoyen un accès digne et durable à l’eau potable.
Landy T.