La tentative de signature du Pacte national pour la stabilité , organisée samedi à l’Hôtel Kinam par le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé, a ravivé les tensions au sein de la classe politique haïtienne. Dans une note d’alerte et de dénonciation rendue publique, le Parti Politique Pitit Dessalines (PPPD) qualifie l’initiative d’échec cuisant et d’ imposture flagrante légalisant l’illégalité .
Selon le document diffusé par le parti, la rencontre, présentée comme une démarche visant à renforcer la stabilité institutionnelle, aurait été marquée par des incidents et des altercations entre groupes rivaux. Le PPPD affirme que la situation a contraint le chef du gouvernement à quitter les lieux de manière précipitée, illustrant, d’après ses responsables, le climat de crispation entourant le processus.
Au-delà des incidents rapportés, le principal point de discorde soulevé par le PPPD concerne la légalité du pacte proposé. Le parti soutient que l’accord ne préciserait pas clairement la durée du mandat du Premier ministre, évoquant une possible entorse au décret du 27 mai 2024. Cette omission, selon ses dirigeants, ouvrirait la voie à une prolongation indéterminée de l’exercice du pouvoir exécutif.
Dans sa note, la formation politique estime que cette démarche s’inscrirait en dehors du cadre constitutionnel et constituerait une tentative supplémentaire de consolidation d’un pouvoir jugé non conforme aux normes légales en vigueur.
Le communiqué fait également référence à l’année 1807, période de division institutionnelle ayant conduit à une dualité de pouvoir dans le pays. Pour le PPPD, cette comparaison vise à alerter sur les risques d’une fragmentation accrue de l’autorité étatique et d’une aggravation de la crise politique actuelle.
La polémique autour du Pacte de Kinam intervient dans un contexte marqué par une instabilité institutionnelle prolongée et une forte polarisation entre acteurs politiques. Les tentatives de mise en place de mécanismes de transition ou d’accords politiques peinent à obtenir un consensus national, alimentant la méfiance d’une partie de l’opinion publique.
À ce stade, aucune réaction officielle détaillée n’a été rendue publique par la Primature concernant les accusations formulées dans la note du PPPD. Le débat autour de la légitimité et de la portée juridique du pacte pourrait toutefois s’intensifier dans les prochains jours, alors que plusieurs secteurs continuent de réclamer un cadre de gouvernance clair, transparent et conforme aux principes constitutionnels.
Vanessa la Journaliste