La question de la dette publique revient au centre des inquiétudes économiques en Afrique. Dans un rapport publié cette semaine, la Banque mondiale alerte sur une augmentation rapide de l’endettement dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, où certains États consacrent désormais plus d’un tiers de leurs recettes au remboursement de leurs créanciers.
Selon l’institution, la hausse des taux d’intérêt internationaux, combinée aux conséquences économiques de la pandémie et aux conflits régionaux, a rendu la dette plus difficile à supporter. Des pays comme le Ghana ou la Zambie ont déjà dû renégocier leurs dettes, tandis que d’autres États sont considérés comme à haut risque de défaut de paiement.
Cette situation limite fortement les budgets publics. Les dépenses pour la santé, l’éducation ou les infrastructures sont souvent réduites pour honorer les échéances. Dans certaines régions rurales, les populations ressentent déjà les effets de cette austérité silencieuse : écoles manquant de matériel, hôpitaux sous-équipés, routes laissées à l’abandon.
La Banque africaine de développement appelle à des solutions urgentes : restructuration de la dette, investissements productifs et meilleure mobilisation des ressources fiscales. Les experts insistent aussi sur la nécessité de lutter contre la corruption et d’améliorer la gestion des finances publiques.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est humain. Si la spirale de l’endettement n’est pas maîtrisée, plusieurs économies africaines risquent de voir leurs progrès sociaux ralentir. Dans un monde déjà fragilisé par les crises énergétiques et les tensions géopolitiques, l’avenir financier du continent devient un sujet de préoccupation globale — y compris pour des pays comme Haïti, dont les échanges économiques avec l’Afrique et les institutions internationales dépendent aussi de la stabilité financière mondiale.
Pour de nombreux observateurs, la question n’est plus de savoir si la dette africaine est un problème, mais comment agir rapidement pour éviter qu’elle ne devienne une nouvelle crise majeure.
Christnoude BEAUPLAN