Le Haut‑Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a averti vendredi que la situation au Soudan du Sud est désormais critique, avec une escalade des violences qui menace l’accord de paix de 2018 et pourrait plonger le pays dans une nouvelle guerre civile.
Depuis le début de l’année, les attaques contre les civils se sont multipliées dans plusieurs États, notamment Jonglei et Eastern Equatoria. Ces violences ont provoqué la mort de 189 civils, tandis que plus de 280 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays et que plus de 10 millions nécessitent une assistance humanitaire vitale.
Parmi les attaques signalées figurent bombardements de zones résidentielles, meurtres ciblés, enlèvements et violences sexuelles liées au conflit. Selon les observateurs de l’ONU, certaines de ces actions pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.
Le fragile accord de paix signé en 2018, qui avait mis fin à plusieurs années de guerre civile meurtrière, est aujourd’hui mis à mal. Les analystes estiment que la fragmentation politique, les luttes internes au sein des forces armées et les actions des dirigeants locaux affaiblissent progressivement les mécanismes de partage du pouvoir et le respect du cessez‑le‑feu.
Face à cette situation, la communauté internationale est appelée à agir rapidement. L’ONU exhorte les parties à mettre fin aux hostilités, à protéger les civils, et à permettre un accès humanitaire sécurisé pour les populations vulnérables.
Cette nouvelle flambée de violence intervient alors que le Soudan du Sud continue de faire face à une crise humanitaire majeure, aggravée par l’insécurité alimentaire et les déplacements massifs, menaçant des millions de personnes dans l’ensemble du pays.
Christnoude BEAUPLAN