Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé aujourd’hui un appel pressant aux États membres pour intensifier leur coopération en faveur de migrations sûres, ordonnées et régulières, lors d’une réunion informelle de l’Assemblée générale consacrée au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.
Dans son allocution, M. Guterres a souligné que la mobilité humaine continue de transformer profondément le monde, mais que les réponses internationales ont souvent été dominées par la peur, la division et des intérêts opportunistes, plutôt que par une coopération solidaire. Il a averti que lorsque les voies migratoires sûres sont fermées, les migrants ne disparaissent pas : ils sont poussés vers des routes dangereuses, l’exploitation et les réseaux de passeurs.
Selon le porte‑parole de l’ONU, le besoin d’assistance humanitaire atteint aujourd’hui des niveaux sans précédent : plus de 20 millions de personnes seraient confrontées à des besoins considérés comme catastrophiques — nécessitant près de 2,9 milliards de dollars en financements humanitaires pour fournir nourriture, eau potable, soins de santé, protection et éducation.
Cette crise s’alimente à la fois par des conflits armés persistants, des catastrophes naturelles et des crises économiques dans le monde entier, qui poussent des millions de personnes à chercher sécurité et opportunités ailleurs, souvent au prix de voyages périlleux.
Le chef de l’ONU a insisté sur l’importance de mettre en œuvre le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018, comme cadre de coopération. Ce pacte encourage les États à travailler ensemble pour créer des voies migratoires légales, réduire les risques associés aux migrations irrégulières, et protéger les droits fondamentaux des migrants.
« Quand les voies sûres sont bloquées, les gens n’arrêtent pas de migrer ; ils se tournent simplement vers des routes plus dangereuses », a déclaré le Secrétaire général, en appelant à choisir « la coopération plutôt que le chaos » et « la dignité plutôt que la discrimination ».
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d’autres agences de l’ONU ont rappelé que des milliers de migrants meurent ou disparaissent chaque année sur des routes migratoires dangereuses, en particulier en mer Méditerranée et sur d’autres corridors périlleux, soulignant l’urgence d’une action coordonnée.
Les données disponibles indiquent que, malgré des efforts pour améliorer la sécurité et l’accès à des routes légales, de nombreuses personnes continuent d’affronter des conditions extrêmes, l’exploitation et des violations des droits humains lorsqu’elles cherchent refuge ou perspectives d’avenir ailleurs.
Christnoude BEAUPLAN