ABIDJAN Confrontée à un effondrement des cours mondiaux du cacao, Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves, a décidé d’avancer le lancement de sa campagne de commercialisation et d’adapter sa politique de fixation des prix pour relancer les ventes internationales.
Habituellement lancée fin mars ou en avril, la campagne intermédiaire a été devancée à fin février pour permettre à l’État et au régulateur de fixer plus tôt le prix bord‑champ payé aux producteurs. Ce changement vise à réduire l’écart entre les prix ivoiriens et les prix mondiaux, très bas après une chute de plus de 70 % des cours qui a rendu le cacao ivoirien trop cher pour les acheteurs internationaux.
Pour encourager la reprise des ventes, le gouvernement envisage d’aligner le prix du cacao produit cette saison intermédiaire sur des niveaux plus compétitifs, tout en répondant à la pression politique des producteurs et des acteurs de la filière. Depuis plusieurs semaines, des stocks importants de fèves invendues se sont accumulés dans les ports et sur les marchés intérieurs, accentuant les tensions économiques et sociales dans une filière qui représente près de 40 % des recettes d’exportation du pays.
Dans ce contexte, l’avance de la campagne apparaît aussi comme un signal politique fort : Abidjan veut montrer aux marchés mondiaux et aux acteurs locaux qu’il est prêt à agir rapidement pour stabiliser une filière stratégique, tout en cherchant à éviter un effondrement plus profond des revenus paysans.
Lalanne