Port-au-Prince, 15 septembre 2025 — La jeunesse haïtienne gagne une place à la table des décisions. À l’issue de l’élection tenue par l’Initiative du 24 Avril, Francesse Baptismé a été élue pour représenter le secteur jeunesse au sein de la Commission de Passation de Pouvoir (CPP), en vue d’une transition pacifique prévue pour février 2026.
Francesse s’est illustrée ces dernières années par un engagement sans relâche pour une jeunesse formée, critique et impliquée. Sa participation à la CPP est saluée comme un signal d’ouverture vers une gouvernance plus inclusive.
«C’est un devoir, pas un privilège», a-t-elle déclaré peu après sa nomination. « Ma mission est claire : porter la voix des jeunes, leurs espoirs, leurs luttes, là où trop souvent ils sont oubliés. »
Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 35 ans, cette élection est perçue comme une étape importante vers un renouveau politique porté par les jeunes.
Au-delà de son âge, c’est la constance de Francesse dans les luttes citoyennes qui force le respect. Militante de terrain, elle a longtemps œuvré dans les domaines de l’éducation civique, de la participation politique des jeunes et de la justice sociale. Elle est également connue pour ses prises de parole percutantes dans les médias et forums communautaires, où elle ne manque jamais de rappeler que « la jeunesse n’est pas qu’un chiffre, c’est une force historique qui ne demande qu’à s’exprimer. »
L’élection de Francesse intervient dans un contexte particulièrement sensible. La CPP, bien qu’encore sujette à controverses, est perçue par beaucoup comme l’unique passerelle vers une sortie de crise ordonnée. Sa présence à l’intérieur de cette structure vient rétablir un certain équilibre, face à des générations qui n’ont longtemps connu que l’exclusion ou la récupération politique.
Ses premiers défis ? Garantir que la jeunesse soit véritablement consultée dans les discussions sur les réformes institutionnelles à venir, veiller à ce que la transition prenne en compte l’avenir de l’éducation, de l’emploi, et de la participation citoyenne.
À 23 ans, Francesse incarne une nouvelle manière de faire de la politique : lucide mais sans cynisme, engagée sans être instrumentalisée. Son entrée sur la scène nationale est plus qu’un symbole. C’est peut-être le début d’un tournant où les jeunes ne seront plus les « leaders de demain », mais bien ceux d’aujourd’hui.
Christnoude BEAUPLAN