Dans la cour feutrée des locaux de Musseau, un souffle de mémoire et d’avenir s’est levé. Ce vendredi, le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE) a célébré son 31e anniversaire. Trente et une années d’un ministère pas toujours bruyant, mais profondément symbolique pour celles et ceux dont l’identité se conjugue entre deux mondes : Haïti, et le « ailleurs ».
La cérémonie, placée sous le signe de la reconnaissance, s’est tenue en présence de la ministre Kathia Verdier, d’employés du ministère, de membres de la société civile, de représentants de la diaspora et d’étudiants. Dans une ambiance sobre mais chaleureuse, la ministre a rappelé que le MHAVE n’est pas simplement une institution : c’est le prolongement administratif d’un lien affectif, culturel et historique entre Haïti et ses enfants dispersés.

« La diaspora n’est pas une réserve de ressources, mais un partenaire de vision », a affirmé Kathia Verdier dans un discours marqué par la lucidité et l’espérance. Elle a souligné le rôle fondamental des Haïtiens de l’extérieur dans la stabilité du pays, non seulement par leurs envois de fonds, mais aussi par leurs engagements citoyens, leurs projets d’investissement et leur force symbolique.
Plusieurs initiatives récentes ont été mises en lumière, notamment le service “MHAVE à l’Écoute”, redevenu fonctionnel dans plusieurs pays pour accompagner les démarches administratives à distance, ainsi que l’ouverture d’un guichet spécial en partenariat avec la DCPJ pour faciliter l’obtention de certificats de police, une réponse concrète aux besoins souvent négligés de la diaspora.
Mais au-delà des annonces, ce 31e anniversaire a surtout été un appel à la continuité : celle du lien, du respect mutuel et d’une coopération plus fluide entre l’État haïtien et sa diaspora.
« Ce ministère ne tiendrait pas debout si vous, vous n’étiez pas restés fidèles à ce pays, même de loin », a déclaré la ministre en clôture. Une phrase simple, mais qui résonne comme un serment.
Parce qu’être Haïtien, ici ou ailleurs, ce n’est pas une question de sol. C’est une question de souffle.
Christnoude BEAUPLAN