À l’occasion de la 30e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP30), la Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement alternatif (PAPDA) a tenu une conférence de presse ce vendredi 14 novembre. Une prise de parole nécessaire, selon ses représentants, dans un contexte mondial où les crises climatiques touchent de plein fouet les populations les plus vulnérables.
Camille Chalmers, Directeur exécutif de PAPDA, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, il est urgent de replacer la vie au-dessus de tout ; au-dessus des profits, au-dessus du capital. L’enjeu climatique n’est pas une simple question environnementale. C’est une question politique, sociale et économique.
L’organisation dénonce clairement un système capitaliste qu’elle qualifie de destructeur. Elle pointe la concentration de richesse comme l’une des causes majeures du réchauffement climatique, aggravant les inégalités tout en épuisant les ressources naturelles. Charlmers, insiste : « on ne peut pas parler d’avenir sans réparer les dettes du passé ».
Parmi ces dettes : la double dette de l’indépendance d’Haïti. Une première, imposée par la France, et une seconde, contractée plus tard pour payer la première. Un poids historique qui, selon PAPDA, continue de freiner le pays. À cela s’ajoute une dette écologique : la déforestation massive encouragée ou imposée par des politiques d’occupation et d’exploitation étrangère. 25% des réserves forestières du pays auraient été détruites durant l’occupation américaine.
PAPDA réclame réparation. Pour la terre. Pour les communautés. Pour la mémoire. L’organisation appelle à un nouveau modèle climatique basé sur une relation plus juste entre les humains et leur environnement, loin des logiques d’exploitation.
Pour Haïti, ce combat est existentiel. Et selon PAPDA, il est temps que les grandes conférences internationales comme la COP deviennent un espace de vérité, de justice et non plus de simples discours sans suite.
Christnoude BEAUPLAN