Le Sant Karl Lévêque (SKL) a présenté, ce mardi, une analyse critique du projet de décret électoral actuellement en circulation sous le thème : « Le projet de décret électoral 2025 : enjeux, risques et perspectives démocratiques ». Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi, Les dirigeants de l’institution ont exprimé leurs profondes inquiétudes quant à l’organisation des prochaines élections dans un contexte national marqué par une crise multiforme sans précédent.
Selon le responsable de l’organisation, le père Gardy Maisonneuve, le pays ne réunit pas, pour l’instant, les conditions minimales nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible et apaisé. Il estime que l’insécurité persistante et l’absence de stabilité rendent le processus électoral non seulement prématuré, mais potentiellement dangereux.
Le père Maisonneuve a également dénoncé la précipitation avec laquelle les autorités semblent vouloir adopter le décret électoral. Pour lui, ce manque de temps pour l’analyse publique du texte soulève des soupçons de manœuvres douteuses. Il a, par ailleurs, évoqué la question des fonds destinés au référendum avorté, réclamant des explications claires sur l’utilisation de ces ressources publiques.
D’après le dirigeant du SKL, l’empressement des autorités à organiser des élections malgré la situation nationale laisse croire que des intérêts financiers sont en jeu, au détriment d’un processus réellement démocratique et transparent.
Des recommandations pour éviter une crise électorale
Pour le SKL, la réussite d’un processus électoral dépend de deux dimensions essentielles, la démographie et la géographie, c’est-à-dire la population et le territoire. Avec la réduction du contrôle territorial et les déplacements massifs de population, le risque de produire des élus dépourvus de légitimité s’accroît, a averti l’institution.
L’organisation a rappelé que 17 articles du projet de décret sont déterminants pour le fonctionnement du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Leur non-application constituerait, selon elle, une source majeure de contestation et d’instabilité.
Le SKL recommande également que, tout au long du processus électoral, l’ULCC, l’UCREF et le Parquet soient habilités à intervenir à n’importe quelle étape pour écarter un candidat si des éléments compromettants surgissent.
Parmi les autres propositions, l’organisation appelle à exclure immédiatement toute personne sous sanction pour trafic d’armes ou de munitions, ainsi que ceux dont le nom figure parmi les suspects dans l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Vénus Noire.