Dans un contexte politique déjà tendu, l’Union européenne a annoncé des modifications substantielles de sa politique d’asile ce jeudi, en classant sept pays d’Afrique, du Moyen‑Orient et d’Asie comme « pays sûrs d’origine ». Cette décision, visant à accélérer le traitement des demandes d’asile et à mieux gérer les flux migratoires, a été intégrée dans le Pacte sur la migration et l’asile, prévu pour entrer en vigueur en 2026.
Pour les autorités de l’UE, cette mesure doit permettre de réduire les délais de traitement et de concentrer les ressources sur les situations les plus urgentes. Mais pour les organisations humanitaires et certains députés européens, cette approche risque d’exposer des populations vulnérables à un traitement injuste, en les renvoyant vers des pays qui ne garantissent pas toujours la sécurité ou des procédures d’asile équitables.
Le débat illustre la difficulté de concilier des impératifs d’efficacité administrative avec les valeurs fondamentales de protection des droits de l’homme inscrites dans les traités européens. À la veille de nouvelles échéances législatives, cette réforme promet de diviser les opinions au sein des institutions et des sociétés civiles européennes.
Christnoude BEAUPLAN