Face à la détérioration rapide des relations entre Washington et Caracas, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un appel urgent à la retenue, exhortant les deux parties à éviter toute action susceptible d’aggraver une situation déjà volatile dans la région des Caraïbes.
Dans un communiqué publié par son porte-parole Stéphane Dujarric, M. Guterres a rappelé l’importance du dialogue diplomatique et du respect du droit international, notamment des principes de souveraineté et de non-ingérence. « La montée des tensions entre les États-Unis et le Venezuela doit cesser. Une confrontation directe ne profiterait à aucun des deux pays et nuirait à la stabilité régionale », a-t-il déclaré.
Cet appel intervient alors que le Venezuela a officiellement saisi le Conseil de sécurité des Nations unies, l’invitant à se pencher sur ce qu’il qualifie « d’agressions répétées » de la part de Washington. Ces dernières semaines, plusieurs navires pétroliers en direction du Venezuela ont été interceptés par la marine américaine dans le cadre de sanctions renforcées, intensifiant les frictions bilatérales.
De son côté, Caracas accuse les États-Unis de vouloir provoquer une crise artificielle à des fins électorales et géostratégiques, tandis que Washington affirme vouloir empêcher le financement du régime Maduro via les exportations pétrolières.
L’ONU, tout en rappelant son engagement à soutenir tout processus de médiation ou de désescalade, n’a pas encore convoqué de réunion d’urgence sur la question, mais reste en « contact actif » avec les deux délégations.
Pour de nombreux analystes, cette sortie de Guterres reflète l’inquiétude croissante au sein de la communauté internationale, face à une possible crise ouverte à quelques centaines de kilomètres des côtes américaines, dans une région déjà fragilisée par la migration, l’insécurité alimentaire et l’instabilité politique.
Christnoude BEAUPLAN