Chaque fin d’année, le même scénario se répète. Les fêtes s’installent, les soirées se multiplient, l’alcool circule librement et les rapports sexuels non protégés explosent. Derrière les lumières et l’euphorie de décembre se cache pourtant une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : les périodes festives sont aussi celles où les comportements à risque atteignent leur pic, notamment chez les jeunes.
Les chiffres parlent, même si on refuse de les écouter. Augmentation des infections sexuellement transmissibles, grossesses non désirées, abandons scolaires, tensions familiales. Les fêtes n’inventent rien, elles amplifient. Elles révèlent une irresponsabilité banalisée, parfois même revendiquée, sous prétexte de plaisir ou de liberté individuelle.
Le discours est connu : « C’était un moment », « On n’avait pas de protection », « On a fait confiance ». En réalité, ce ne sont pas des accidents, mais des décisions prises en pleine conscience, souvent sous l’influence de l’alcool et de la pression sociale. Cinq minutes de jouissance deviennent alors le point de départ de neuf mois d’angoisse, ou d’une maladie qui accompagnera une personne toute sa vie.
Contrairement à ce que certains veulent croire, le VIH, la syphilis, la gonorrhée ou l’hépatite ne prennent pas de vacances. Les risques biologiques restent les mêmes, peu importe la musique, le lieu ou l’ambiance. Pourtant, la protection est encore perçue par certains jeunes comme une option, non comme une obligation.
Ce qui choque le plus, ce n’est pas l’absence d’information, mais le refus de responsabilité. Les campagnes de sensibilisation existent. Les moyens de protection sont accessibles. Mais la culture de l’instantané prime : le plaisir immédiat est préféré à la sécurité à long terme. Une logique dangereuse, qui transforme la liberté en piège.
Les conséquences, elles, sont bien réelles. Des jeunes filles confrontées à des grossesses qu’elles n’ont pas choisies. Des jeunes hommes propulsés pères sans préparation, parfois sans assumer. Des couples brisés avant même d’avoir existé. Et un système de santé déjà fragile, obligé de gérer des situations évitables.
Parler de protection sexuelle durant les fêtes dérange. Parce que cela casse l’image joyeuse, insouciante et festive que l’on veut vendre. Mais le journalisme n’est pas là pour flatter, il est là pour rappeler les faits, même quand ils fâchent.
Se protéger n’enlève rien au plaisir. Ne pas se protéger peut tout enlever. À l’approche des fêtes de fin d’année, le message est clair : le plaisir n’excuse pas l’imprudence. La fête passe. Les conséquences, elles, restent.
Landy T.