Plus de 10 000 personnes ont fui leurs localités en l’espace de trois jours dans le Darfour-Nord et le Kordofan-Sud, à l’ouest et au sud du Soudan, en raison d’une recrudescence des violences, a indiqué ce dimanche 28 décembre l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Selon l’agence onusienne, plus de 7 000 habitants ont quitté entre jeudi et vendredi les localités de Kernoi et d’Oum Barou, dans le Darfour-Nord, près de la frontière tchadienne. Ces déplacements massifs font suite à une intensification des affrontements dans cette zone déjà fortement affectée par le conflit.
Dans le Kordofan-Sud, environ 3 100 personnes ont fui la ville de Kadougli, capitale régionale assiégée depuis plus d’un an et demi par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), toujours d’après l’OIM. La situation humanitaire y est particulièrement critique : la famine y a été déclarée en novembre et les organisations humanitaires ont récemment évacué leur personnel, après le retrait de la base logistique des Nations unies, selon une source locale.
Cette nouvelle vague de déplacements s’inscrit dans un contexte de violences persistantes. Fin octobre, la prise d’El-Facher, capitale du Darfour-Nord, par les FSR avait déjà entraîné l’exode de plus de 107 000 civils, selon l’OIM. Ces derniers jours, les paramilitaires ont poursuivi leur avancée vers l’ouest, à travers des enclaves majoritairement habitées par l’ethnie Zaghawa, jusque-là contrôlées par des milices alliées à l’armée régulière.
Maîtres d’environ un tiers du territoire soudanais, les FSR concentrent désormais leurs offensives sur le Kordofan, une région stratégique riche en pétrole, en or et en terres fertiles. Leur objectif serait de reprendre le corridor central du Soudan, un axe clé reliant le Darfour à la capitale Khartoum, alors que le conflit continue de plonger le pays dans une crise humanitaire majeure.
Vénus Noire.