La France perd l’une de ses figures les plus emblématiques. Brigitte Bardot, actrice mythique, icône féminine et militante infatigable de la cause animale, est décédée ce dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, dans sa résidence légendaire de La Madrague, à Saint-Tropez. L’annonce a été faite par la Fondation Brigitte Bardot, qu’elle avait créée et dirigée pendant près de quarante ans.
Connue dans le monde entier sous les initiales B.B., Brigitte Bardot a marqué le cinéma français et international bien au-delà de sa filmographie. Elle fut bien plus qu’une actrice : une image, un symbole, une rupture. Dans les années 1950 et 1960, elle incarne une féminité libre, provocante, affranchie des codes moraux de son époque. Blonde solaire, regard magnétique, elle impose une nouvelle façon d’être femme à l’écran.
Son nom reste indissociable de scènes devenues cultes : une danse sensuelle à Saint-Tropez dans Et Dieu… créa la femme, ou encore cette apparition nue et bouleversante dans Le Mépris de Jean-Luc Godard. En une cinquantaine de films, Bardot est entrée au panthéon du 7ᵉ art, tout en façonnant l’imaginaire d’une génération.
Mais en 1973, à seulement 39 ans, elle fait un choix radical : quitter définitivement le cinéma. Une décision rare, presque incompréhensible à l’époque pour une star au sommet de sa gloire. Brigitte Bardot décide alors de consacrer sa notoriété à ce qu’elle considérera comme le combat de sa vie : la défense des animaux.
En 1986, elle fonde la Fondation Brigitte Bardot, devenue une référence mondiale dans la protection animale. De la lutte contre la maltraitance à la défense des espèces menacées, elle utilise sa voix, son image et parfois sa colère pour alerter l’opinion publique. Ce combat, mené sans concession, lui vaudra autant d’admirateurs que de détracteurs.
Car Brigitte Bardot n’a jamais cherché à lisser son discours. Ces dernières décennies, elle s’est illustrée par des prises de position politiques tranchées, notamment sur l’immigration, le féminisme ou la chasse. Des propos polémiques, parfois condamnés par la justice, qui ont contribué à ternir son image publique tout en renforçant son statut de personnalité clivante.
Dans ses écrits récents, elle n’hésitait pas à dresser un constat sévère de la société française, se disant attachée à une liberté totale de pensée, quitte à déranger. Proche idéologiquement de la droite nationaliste, elle revendiquait ses opinions sans détour, fidèle à une personnalité qu’elle a toujours voulue indépendante.
Ces dernières années, Brigitte Bardot s’était retirée du tumulte médiatique. Elle vivait dans le sud de la France, entourée d’animaux, partageant son temps entre La Madrague et une propriété plus discrète, La Garrigue. Dans ses rares interviews, elle exprimait un désir simple : le calme, la nature, la paix.
Hospitalisée à l’automne pour une intervention chirurgicale, elle avait récemment tenu à rassurer sur son état de santé, appelant à la tranquillité. Elle s’est finalement éteinte chez elle, là où elle avait choisi de vivre loin des projecteurs.
Brigitte Bardot laisse derrière elle une œuvre cinématographique majeure, un combat militant indélébile et une image profondément ancrée dans l’histoire culturelle française. Adulée, critiquée, controversée, elle n’a jamais laissé indifférent.
Landy T.