Des accusations graves visant des agents de la Brigade d’Opération et d’Intervention départementale (BOID) ont été émises par le journaliste Thériel Télus lors de sa traditionnelle « Ti koze ak TT ». Selon ses déclarations, des policiers affectés à cette unité spécialisée utiliseraient des blindés de la Police nationale d’Haïti (PNH) pour se livrer à des activités de trafic et d’arrestations arbitraires, en dehors de tout cadre légal.
Selon Thériel Télus, des personnes seraient interpellées dès la zone de la Cour de Cassation, puis conduites de force à l’Autorité portuaire nationale (APN) afin de faciliter leur embarquement par bateau, notamment vers Martissant, dans ce qui s’apparenterait à un réseau de transport illégal de personnes. Ces opérations se dérouleraient à bord de véhicules blindés de la PNH, donnant à ces pratiques une apparence d’intervention officielle.
Le journaliste vedette affirme par ailleurs que ce n’est pas la première fois que des agents de la PNH sont accusés d’utiliser les blindés de l’institution à des fins de trafic contre rémunération ; les personnes transportées devant verser des sommes d’argent directement aux policiers impliqués. Ces faits, régulièrement dénoncés, soulèvent la question d’une pratique répétée et tolérée, en contradiction totale avec la mission régalienne de la Police.
Plus préoccupant encore, Tériel Télus rapporte que des journalistes de médias en ligne auraient été maltraités alors qu’ils tentaient de documenter ces faits sur le terrain. Il précise toutefois qu’il n’a pas été personnellement victime d’agression, tout en dénonçant une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit d’informer.
Ces révélations ravivent les inquiétudes sur de possibles dérives au sein des unités spécialisées de la PNH, censées lutter contre l’insécurité mais accusées ici de détourner les moyens de l’État à des fins personnelles. L’usage répété de blindés officiels dans des circuits de trafic humain constituerait une violation manifeste des règles professionnelles et de la loi.
Face à la gravité et à la récurrence de ces accusations publiques, la Direction générale de la PNH, l’Inspection générale et les autorités judiciaires compétentes sont appelées à se saisir du dossier. L’ouverture d’une enquête indépendante paraît indispensable pour établir les faits, identifier les responsabilités et restaurer la confiance entre la population, les médias et l’institution policière.
Dans un contexte de crise sécuritaire aiguë, le silence des autorités face à des pratiques dénoncées comme répétitives risquerait d’être interprété comme une complaisance. Une question demeure : qui contrôle réellement l’usage des blindés de la République, et au nom de quels intérêts ?
Wandy Love Lalanne