Par Yvens Jean Baptiste
Face à une crise sanitaire préoccupante, la titulaire du Conseil municipal lance un appel à la mobilisation citoyenne pour assainir la capitale du Nord.
La cité christophienne traverse une période critique. Submergée par les ordures, Cap-Haïtien voit son patrimoine historique et son attractivité touristique menacés par une insalubrité galopante. Dans ce contexte alarmant, la mairesse Angeline Bell a décidé de frapper un grand coup en lançant l’initiative « Samedi citoyen », un appel au konbit traditionnel haïtien pour sauver la ville.
Le tableau est sombre pour cette perle du tourisme haïtien. Les rues qui faisaient autrefois la fierté régionale disparaissent aujourd’hui sous les monticules de détritus. L’accumulation des déchets transforme les canaux de drainage en véritables dépotoirs à ciel ouvert, aggravant les risques d’inondation à chaque averse et créant un terrain propice à la propagation de maladies transmissibles par ces vecteurs.
Cette dégradation ne s’explique pas uniquement par l’insuffisance des ressources municipales, elle découle également d’une gestion défaillante face à la croissance démographique rapide que connaît la ville.
Consciente que les autorités municipales ne peuvent relever seules ce défi colossal, Angeline Bell mise sur la solidarité collective. Sous le mot d’ordre « konbit pou pwòpte Okap » (union pour nettoyer le Cap), elle appelle tous les secteurs de la société civile à retrousser leurs manches.
Cette mobilisation s’articule autour de trois axes principaux :
- encourager les habitants à assainir leurs quartiers en nettoyant devant leurs portes et en entretenant les petits drains;
- obtenir le soutien des entreprises locales pour l’acheminement des déchets vers les sites autorisés;
- sensibiliser massivement la population aux bonnes pratiques en matière de gestion des ordures.
L’ambition de la mairesse dépasse le cadre d’une simple opération coup de poing. À travers « Samedi citoyen », elle vise à instaurer un changement durable des mentalités et des comportements. L’objectif est de transformer cette initiative en un mouvement pérenne qui ancrera une véritable culture de la propreté et de la gestion responsable des déchets dans la conscience collective capoise.
Reste à voir si cet appel trouvera l’écho espéré auprès d’une population déjà éprouvée par de multiples difficultés quotidiennes.