Le Conseil présidentiel de Transition (CPT) assume désormais une ligne de rupture. En confirmant la volonté majoritaire de ses membres de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’organe de transition engage un bras de fer politique ouvert, tant sur le plan interne qu’au niveau international.
Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 23 janvier 2026 à la Villa d’Accueil, les Conseillers_Présidents Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils ont indiqué que la décision de remplacer le chef du gouvernement avait été prise par une majorité qualifiée du CPT, en dépit des mises en garde répétées de la communauté internationale et des pressions directes du Département d’État américain. Un choix présenté comme un acte de souveraineté politique, dans un contexte de rejet croissant des solutions perçues comme imposées de l’extérieur.
Selon les responsables du CPT, le maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé constituait un facteur de blocage dans la recherche d’un consensus national. Sa révocation s’inscrirait ainsi dans une stratégie de recomposition du pouvoir exécutif, visant à reprendre le contrôle du processus de transition et à redéfinir les rapports de force au sommet de l’État.
Dans l’immédiat, un Premier ministre par intérim a été désigné pour une durée de trente jours afin d’expédier les affaires courantes. Cette période transitoire doit permettre l’émergence d’un accord politique autour de la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un président. Toutefois, le CPT n’a pas révélé l’identité du chef de gouvernement intérimaire, alimentant les spéculations sur les équilibres internes et les alliances en cours.
Le CPT a par ailleurs fixé un ultimatum politique : à défaut de solution concertée d’ici au 6 février 2026, une alternative institutionnelle sera proposée. L’arrêté officialisant la nomination du Premier ministre a.i. doit être publié ce vendredi aux Presses nationales.
À l’approche de la fin de son mandat prévue pour le 7 février 2026, le Conseil présidentiel de transition joue une séquence décisive. Entre affirmation de souveraineté, contestation des injonctions internationales et nécessité de restaurer une légitimité politique fragilisée, cette décision marque un tournant majeur dans la transition haïtienne, dont l’issue demeure incertaine.
Wandy Love Lalanne