L’analyste et acteur politique Jean Claude Douyon a salué le courage des cinq membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) ayant voté en faveur de la résolution révoquant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon lui, cette décision marque un acte politique fort dans un contexte où les institutions haïtiennes sont régulièrement soumises à des pressions extérieures.
Pour Jean Claude Douyon, cette résolution ne peut être comprise indépendamment de la question de l’ingérence internationale dans les affaires internes de la République d’Haïti. Il estime qu’elle a été adoptée précisément pour contrebalancer l’influence de certaines puissances étrangères, souvent accusées de peser lourdement sur les choix politiques nationaux, au détriment de la souveraineté haïtienne.
Il va plus loin en attribuant une part significative de la responsabilité de l’instabilité chronique du pays aux puissances étrangères. Il souligne notamment un paradoxe troublant : Haïti ne produit pas d’armes à feu, pourtant le pays est submergé par une violence armée persistante. Selon lui, cette réalité révèle l’existence de circuits de procuration extérieurs et de responsabilités indirectes, situées hors des frontières nationales, qui alimentent l’insécurité et fragilisent l’État.
Toutefois, Jean Claude Douyon tient à préciser que la résolution adoptée par le CPT ne vise pas, selon son analyse, la personne du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à titre individuel. Elle concerne avant tout la Primature en tant qu’institution de l’État haïtien. À ses yeux, l’enjeu dépasse les individus et touche au principe fondamental de l’autonomie décisionnelle des institutions républicaines.
Il rappelle qu’Haïti est un pays ayant conquis son indépendance par la force, au prix de luttes, de sacrifices et de tumultes historiques, et que cette trajectoire impose une exigence particulière en matière de souveraineté. Dès lors, aucune institution de l’État, y compris la Primature, ne saurait être dictée ou orientée par des voix extérieures, quelles qu’elles soient.
Pour Jean Claude Douyon, cette décision du CPT ouvre ainsi un débat plus large sur la nécessité de réaffirmer la souveraineté nationale, de clarifier le rôle des institutions dans la transition et de repositionner l’État haïtien comme acteur principal de son propre destin politique.