Le parti politique Pitit Dessalines a publié une note d’appui au Conseil présidentiel de transition (CPT) dans laquelle il soutient la décision visant le retrait de l’ex-Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, tout en exprimant des réserves quant à la prise de position de la communauté internationale.
Dans ce document signé par Moïse Jean-Charles, secrétaire général du parti, la décision du CPT est jugée légitime et justifiée au regard de la crise multidimensionnelle que traverse le pays, marquée notamment par l’insécurité généralisée, l’effondrement institutionnel et la perte de confiance de la population.
Selon le parti, la transition doit être conduite de manière responsable et orientée vers la restauration de l’autorité de l’État. La sécurité nationale y est présentée comme une priorité absolue devant permettre l’organisation d’élections libres, démocratiques et souveraines, tout en appelant à des mesures urgentes en faveur des déplacés internes et des couches populaires, notamment sur le coût de la vie et l’accès aux services de base.
L’appui apporté au processus de transition est toutefois qualifié de critique et conditionnel, fondé sur le respect de la souveraineté nationale. La note évoque certaines décisions attribuées à l’ancien chef du gouvernement, dont un contrat de collecte des taxes frontalières évalué à 60 millions de dollars par an sur dix ans, jugé contraire aux intérêts nationaux.
Le bilan sécuritaire d’Alix Didier Fils-Aimé est également sévèrement mis en cause. Après quatorze mois de gestion jugée infructueuse, le parti estime qu’aucun plan crédible de sécurité nationale n’a été mis en œuvre, évoquant notamment une tentative de substitution d’une stratégie globale par l’usage de drones, à la veille de son départ.
Une partie du document est consacrée à la critique de la communauté internationale, accusée de soutenir l’ancien Premier ministre malgré son échec. Cette posture est perçue comme une ingérence susceptible de compromettre la crédibilité du processus électoral et d’alimenter des pratiques de corruption politique, faisant craindre des élections « truquées, iniques et contestées d’avance ».
Sur le plan institutionnel, le parti soutient la décision adoptée à la majorité de cinq conseillers sur sept au sein du CPT, rappelant qu’un tel vote ne peut être remis en cause sans un nombre équivalent de voix. Les membres favorables au retrait sont ainsi appelés à officialiser la révocation du Premier ministre et à procéder, conformément à leurs prérogatives, à la révocation du coordonnateur du Conseil présidentiel de transition.
Enfin, un appel est lancé au directeur général de la Police nationale d’Haïti afin qu’il se tienne à l’écart de toute considération politique et se concentre exclusivement sur sa mission régalienne, notamment le déblocage immédiat des grands axes routiers, au nord comme au sud du pays, afin de garantir la libre circulation des personnes et des biens.