Il est des livres qui ne s’écrivent pas, ils se vivent. « Mes réflexions nocturnes » de la jeune autrice haïtienne Tayler Ansy Lazarre s’inscrit résolument dans cette veine-là. Page après page, l’ouvrage se dévoile comme un journal de l’âme, un murmure de minuit où l’on entend le cœur battre plus fort que le monde.
Écrit dans la solitude bruissante de la nuit, ce recueil est un condensé de lucidité et de tendresse, une voix posée sur les maux d’une jeunesse en quête d’air, de sens, et surtout d’espoir. Loin des discours formatés, l’autrice ne clame pas. Elle confie. Elle effleure les blessures d’une société en désarroi, tout en caressant les contours d’une humanité encore capable de beauté.
Amour, solitude, incertitude, amitié, rêves inachevés. Ce sont là des thèmes que chacun porte un jour ou l’autre. Mais entre les lignes de ce livre, ces thèmes deviennent des passerelles, de soi à soi, de soi à l’autre. On y ressent une urgence douce, celle de ne pas se perdre dans le chaos ambiant. Celle de témoigner, de se dire, de ne pas renoncer.
Et ce samedi, au Quartier Latin dès 14h, les mots sortiront des pages pour rencontrer leur public. À l’occasion de la vente signature du livre au prix de 1500 gourdes, la littérature ne sera pas seule à l’honneur : un moment de slam, et surtout un match de débat autour de l’avant-projet de la Constitution sera animé par Oratorium, le club de débat de l’Université Quisqueya. Une rencontre entre réflexion poétique et engagement citoyen.
Car là est toute la force de cet événement : lier l’intime à la République. La parole de la jeunesse, qu’elle soit littéraire ou politique, sera portée haut. Et il n’est plus temps d’attendre le jour pour parler de demain : c’est dans la nuit que naissent les véritables éclaircies.
Christnoude BEAUPLAN