Le Gouvernement haïtien a annoncé, cette semaine, une mesure interdisant l’importation et la commercialisation de tout matériel à caractère sexuel sur le territoire national. Dans un communiqué officiel, les autorités justifient cette décision par la volonté de « préserver les valeurs morales et culturelles du pays » et de « lutter contre la propagation d’objets jugés contraires aux bonnes mœurs ». Cette initiative entre dans le cadre d’une série d’actions visant, selon les Ministère du Commerce et de la Justice, à renforcer la moralité publique.
Cependant, la mesure a rapidement provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Sur la plateforme X (ex-Twitter), de nombreux internautes y voient une atteinte flagrante à la vie privée. « L’État n’a pas à contrôler ce que les adultes font dans leur intimité. C’est une question de liberté personnelle », a écrit une utilisatrice de X, soutenue par des centaines de partages. D’autres dénoncent une « hypocrisie gouvernementale », soulignant que les autorités devraient plutôt concentrer leurs efforts sur les problèmes de sécurité et d’inflation.
Sur Facebook, les réactions ne sont pas moins vives. Dans plusieurs groupes de discussion, certains citoyens défendent au contraire la mesure, la jugeant salutaire pour la société haïtienne. « On ne peut pas tout accepter au nom de la liberté. Il faut mettre des limites pour protéger la jeunesse », a réagi un internaute dans le groupe Haiti D’abord. Pour plusieurs commentateurs conservateurs, cette interdiction représente une manière de « freiner la décadence morale » et de rappeler l’importance des valeurs familiales traditionnelles.
Entre ces deux camps, d’autres voix appellent à une approche plus équilibrée. Des sociologues et défenseurs des droits humains estiment qu’il est possible de préserver la culture sans restreindre les libertés individuelles. « Le débat moral ne doit pas se transformer en censure. La société haïtienne évolue, il faut apprendre à concilier modernité et traditions », a déclaré sur X un sociologue. Ralph Ganthier pour sa part écrit: « On peyi kote zam, minisyon, dwòg ap antre ladann lib e libè, kote kontrebann fè kenken, ladwann ap raple nou ke y ap veye sèkstòy. Se kòmsi kay ou ap pran dife epi se tenis ou w ap eseye sove. Si dirijan sa yo se pa ekspre yo fè, konnen yo gen plizyè newòn ki boule nan sèvo yo. »
Alors que le gouvernement maintient sa position, le débat continue d’enflammer les plateformes numériques. Cette controverse met en lumière la profonde fracture entre une partie de la population attachée aux valeurs traditionnelles et une autre, plus libérale, qui réclame le respect du droit à la vie privée. Reste à savoir si cette décision sera appliquée strictement ou si, sous la pression populaire, les autorités finiront par assouplir leur position.
LM