Ils rêvaient d’un pont aérien entre la diaspora et le Sud d’Haïti. Mais ce rêve, pour beaucoup, semble désormais réservé à une élite. Depuis l’annonce du vol direct entre Miami et Les Cayes par la compagnie IBC Airways, l’enthousiasme initial s’est vite teinté de désillusion. Le prix d’un billet aller-retour, affiché à 1 539 dollars américains, a laissé plus d’un sans voix.
« On nous parle de désenclaver le Sud, mais à ce prix, c’est nous qui sommes enfermés dans nos réalités », lâche un jeune entrepreneur des Cayes, frustré. À raison de trois vols par semaine (lundi, mercredi, vendredi), la nouvelle liaison devait rapprocher les familles, relancer le tourisme et donner un souffle à l’économie régionale. Mais pour la majorité, ce vol reste hors de portée.
En comparaison, le salaire minimum mensuel en Haïti dépasse à peine les 80 dollars. Le calcul est vite fait : ce vol, censé incarner le progrès, accentue d’abord l’exclusion.
Selon les données disponibles, un aller simple varie entre 769 USD et 1 062 USD, selon la période. En haute saison, les tarifs pourraient dépasser les 2 000 dollars, une somme exorbitante pour la majorité des Haïtiens, même vivant à l’étranger.
Du côté du Gouvernement, on se félicite malgré tout de cette avancée. La région Sud, souvent délaissée, gagne en visibilité et en accès international. « Un tournant pour l’aviation haïtienne », a-t-on entendu. Mais sur les réseaux sociaux, la réaction est tout autre : beaucoup dénoncent un vol symbolique pour peu, un luxe déguisé en progrès.
Pour des familles séparées entre Haïti et les États-Unis, ce vol aurait pu être une chance de se retrouver plus facilement. Il devient, pour le moment, un rappel brutal des inégalités qui traversent le pays, même dans les airs.
Christnoude BEAUPLAN
1500-2000 pour Miami – Cayes hélas nou peye pou pòs peyaj anlè, nou peye prim de risk pou avyon ak pèsonèl li .
Solisyon an senp pa mouteC kontinye nan lòt la nap fè transbòde