Sous un ciel paisible et dans une salle remplie d’admiration contenue, huit jeunes visages ont reçu les honneurs d’un pays qui, trop souvent, oublie de célébrer l’excellence. Ce vendredi, le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a rendu hommage aux lauréats nationaux des examens d’État 2024-2025.
Loin des discours politiques, l’événement portait la marque d’un engagement: reconnaître l’effort dans un système où réussir est un exploit. Ordinateurs portables, primes, bourses… Ce sont des gestes symboliques, certes, mais porteurs d’un message plus grand : l’éducation ne doit plus être un luxe, elle doit redevenir un droit.
La cérémonie, tenue à l’Hôtel Montana, a rassemblé autorités, diplomates, enseignants et familles. L’émotion était sobre, mais réelle. Le ministre de l’Éducation, Augustin Antoine, a salué des parcours qui forcent le respect, rappelant que « ces jeunes représentent ce qu’Haïti peut offrir de meilleur ».

Dans son discours, le Conseiller-Président Smith Augustin a pris soin de souligner l’importance de l’instant. S’adressant aux lauréats, il a salué leur rigueur, leur résilience et les a invités à demeurer des repères pour toute une jeunesse en quête de direction. « Votre réussite ne marque pas la fin d’un cycle, mais bien le début d’une série de victoires à venir », a-t-il déclaré avec gravité. Au-delà des mots d’encouragement, il a tenu à rappeler que l’éducation reste au cœur des priorités du gouvernement en place, malgré les turbulences. Il a révélé que le MENFP a bénéficié de la plus importante part dans la loi de finances 2025-2026, soit 16 % du budget national, plus de 54 milliards de gourdes. Un effort budgétaire également visible dans l’enseignement supérieur, puisque le budget de l’Université d’État d’Haïti franchit pour la première fois le cap symbolique des 3 milliards de gourdes.
Une déclaration qui, au-delà des chiffres, appelle à une transformation concrète et durable du système éducatif haïtien.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également présent, a insisté sur la nécessité de transformer cette reconnaissance en politique durable. Car si ces huit lauréats brillent aujourd’hui, combien d’autres restent dans l’ombre, faute de moyens ou d’accompagnement ?
Entre les sourires timides des jeunes primés et les applaudissements retenus du public, une vérité s’impose : l’avenir d’Haïti passera par sa capacité à faire de cette excellence une habitude, et non une exception.
Christnoude BEAUPLAN