Le Gouvernement des États‑Unis a annoncé le lundi 24 novembre 2025 l’imposition de restrictions de visa à un haut responsable haïtien, identifié peu après comme Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de Transition en Haïti. Selon le communiqué du Département d’État des États‑Unis, tous les visas détenus par cette personne seront révoqués, au motif qu’elle aurait soutenu des gangs criminels et entravé les efforts haïtiens de lutte contre les « terrorist gangs ».
Fritz Alphonse Jean a immédiatement démenti ces accusations et a souligné qu’il n’avait aucune « complicité » avec des organisations criminelles. Dans sa déclaration, il a affirmé que l’action américaine visait en réalité à influer sur les choix du Conseil de Transition et sur l’agenda politique interne haïtien : « Une pression diplomatique claire », selon lui, a été exercée par l’ambassade américaine et l’ambassade du Canada pour menacer de sanctions si certains scénarios politiques se poursuivaient.
Cette décision intervient dans un contexte de crise sécuritaire aiguë en Haïti, où les gangs contrôlent une grande partie de la capitale, portants d’attaques quotidiennes et d’extorsion. Elle marque aussi une montée en puissance de la posture américaine vis-à-vis des autorités haïtiennes : le message est clair – « qui s’oppose à la stabilité doit s’attendre à des conséquences ». Sur le plan politique, cela pourrait fragiliser davantage la gouvernance de transition, alors que le Conseil est censé organiser des élections et remettre le pouvoir d’ici février 2026.
LM