À la veille de nouvelles négociations sur l’Ukraine, le président russe Vladimir Poutine a lancé un avertissement cinglant : la Russie n’entend pas déclencher un conflit, mais « si l’Europe le souhaite et commence », Moscou est « prêt dès maintenant ».
Lors d’une intervention devant des journalistes, à l’occasion d’un forum économique, le chef du Kremlin a accusé plusieurs gouvernements européens de saboter les efforts diplomatiques menés avec les États‑Unis. Selon lui, ces États multiplient des exigences qu’il juge inacceptables, notamment des conditions de paix qu’il considère comme un affaiblissement de la Russie.
En parallèle, la Russie revendique la prise de la ville ukrainienne stratégique de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, qualifiant cette avancée de «moment clé» pour la poursuite de son offensive militaire. Pour le Kremlin, cette conquête renforce sa position dans les négociations à venir, tout en réaffirmant que ses forces «conservent l’initiative» sur plusieurs fronts.
Malgré ces menaces, le contexte diplomatique s’intensifie : une délégation américaine, émissaires du président Donald J. Trump, est attendue au Kremlin pour tenter de relancer un plan de paix. Mais pour l’instant, Poutine rejette toute offre qui ne respecterait pas «les intérêts russes» et continue de rejeter les demandes européennes comme «des obstacles à la paix».
La fermeté de Poutine relance la crainte d’une escalade majeure. Ses propos pourraient attiser les tensions en Europe, fragiliser les efforts diplomatiques récents, et creuser davantage le fossé avec l’Ukraine et ses alliés.
Mais derrière cette posture guerrière, nombre d’observateurs doutent de l’intérêt réel d’un conflit généralisé, surtout pour une Russie déjà sous pression économique et diplomatique. Le récit officiel, orienté sur la «sécurité nationale», rejoint ce que Moscou présente comme une volonté de dissuasion.
Pour l’instant, le message de Poutine marque une tentation dangereuse : celle de rappeler, par la peur et la menace, qu’aucune négociation ne sera possible si l’Europe continue selon lui à «provoquer» Moscou.
Christnoude BEAUPLAN